Oran  est une ville très charmante pleine de secrets et de trésors et où la nature est une reine.
Entre Tiaret et Oran,la terre revêtue de couleurs. Les champs de blé encore verts, des tapis de fleurs vert et rouge, des arbres solitaires, le berger et ses chèvres colorés de gris, de blanc et de noir.
   Les rayons doux du soleil qui embrasse tendrement les épis et les coquelicots gais. Les parfums de la nature et la brise, la musique du silence.
   La mer et sa beauté divine illuminée par le soleil, ce grand astre qui envoie sa passion lointaine dans ses lettres d'amour et de chagrin. Les vagues qui viennent mourir l'une après l'autre aux pieds de l'homme pour lui dire : «  Je suis le silence aux couleurs du bonheur, je suis ton amour muet et insensé. Je suis tes larmes, je suis ton cour de cristal, je suis la magie de la nature qui fait rêver.  »
   Oran est un grand musée à ciel ouvert, influence de plusieurs cultures ( grecque, romaine, espagnole, turque, française .).
   Le théâtre, cette merveille de beauté, ses statues, ses balcons, ses sculptures fines.
   La statue ailée, symbole de liberté.
   Les arènes, un trésor architectural, souffrant de la négligence de l'homme qui, au lieu de protéger le site, le loue à des jeunes qui organisent d'interminables parties de foot.
Des jeunes qui souffrent de la mal vie, les malheureux essaient d'oublier leurs problèmes et de combler le vide par le vide.
   On a visité le quotidien d'Oran où on a  trouvé certains intellectuels masqués, prisonniers dans leurs têtes. Crédibilité ? Objectivité ? Tous ont le même regard triste, la même mine. Au fond de leurs yeux, une peur immense qui vient on ne sait d'où. Leur but est d'informer le lecteur aveuglé par le plaisir de lire. Le peuple a besoin de vérité, pas d'information- déformation.
    A part les visites, j'ai trouvé la liberté d'expression, j'ai rencontré de vrais hommes libres dans leurs idées et leurs pensées, de vrais artistes du verbe. Malgré toutes les embûches et les entraves, ils réussiront, j'en suis sûre.                                                                                Bouleba Bakhta, ( I.L.E.,  Tiaret.).


  Je voudrais aujourd'hui vous parler de la musique andalouse. Cette musique est représentative de la société en Algérie malgré ce qu'on pense hors de nos frontières. On croit, et à tort, qu'il n'ya que le "raï". Certes, cette musique est très répandue  et est très en vogue dans notre pays; mais l'andalou l'est autant. On l'écoute beaucoup plus dans certaines régions que dans d'autres et avec délectation. La musique classique algérienne est ce qui nous reste de la magnificence de l'Andalousie. C'est un patrimoine arabo-islamique. Toutes les associations musicales modernes ont le souci de perpétuer la tradition des anciens et d'inculquer aux jeunes générations les vestiges précieux d'une culture. Elles continuent de transmettre les fruits d'une culture millénaire, d'un monde raffiné,ordonné. Tout n'est qu'harmonie. L'apprentissage est oral; il possède ses secrets et ses rites magiques d'histoire et surtout de légende.

   En 1909, à Alger a été créé l'un des premiers orchestres de musique andalouse. Les musiciens avaient acquis leur savoir oralement en jouant dans les fêtes familiales et religieuses aux côtés des maîtres.

   La transmission orale est restée pour les musiciens un outil pédagogique incontournable en donnant la priorité àl'oreille musicale, en parallèle avec l'apprentissage du solfège dans les conservatoires et salles de cours.

   La création d'"El Mawcilia" en 1930 à Alger puis d'"El Djazairia en 1932 à Tlemcen a aidé à l'élargissement des frontières à cette musique.

En 1932, lors du premier festival de la musique arabe traditionnelle eut lieu le premier enregistrement d'un microsillon au Caire.

   Les grands maîtres de la "Nouba" algérienne comme Dahmane Benachour, Larbi Bensari, Larbi Benmensourformaient le premier orchestre connu mais encore traditionnel car ils n'étaient que huit. Maintenant, le nombre est beaucoup plus important.

   Tous veillent à ce que les instruments modernes ne remplacent pas les instruments traditionnels tels que la"kamenjah", le "rebab" qui sont nécessaires à la propagation du patrimoine. Dahmane Benachour disait: "Chaque fois que je chante accompagné d'un piano, je ne trouve plus ma voix."

   La musique classique algérienne se joue sur différents modes: le mode d'une Nouba "dil", le mode "ghrib", le mode "rami", etc.

   C'est la musique des grandes occasions.Elle apporte calme et sérénité à toute personne qui l'écoute et sait l'apprécier.

  Mme Boukort Faouzia.

Source: "La musique classique algérienne."  Production  R.T.A / Magazine "Tassili" 1995.


Si c'était un meuble, ce serait un téléviseur... branché sur TV5.

Si c'était un jeu, ce serait le jeu des lettres... sans les chiffres.

Si c'était un président, ce serait Bouteflika qui a si bien manipulé

le passé du subjonctif devant le sénat français.

Si c'était un livre, ce serait... un dictionnaire... français/français... comme anti-sèche.

Si c'était une arme, ce serait un porte-plume pour les anciens, et une brosse pleine

de poussière pour les nouveaux.

Si c'était une pièce de théâtre, ce serait "la leçon" de E.Ionescu.

Si c'était un roman, ce serait le temps qu'on a passé avec nos élèves.

Si c'était un habit, ce serait une blouse blanche ou rose, c'est selon.

Si c'était un animal, ce serait une souris qu'on a tellement sacrifiée en TP, ou celle

d'un ordinateur que l'enseignant  ne possède pas.

Si c'était un chiffre, ce serait un zéro ou un vingt... Cela dépendra des humeurs et

des compétences du jour.

Si c'était un élève, ce serait... logiquement... le meilleur... en français.

Si c'était un rêve, ce serait de tout refaire, et toujours mieux faire.

                                                                                                            SOUIG


Plan de la leçon:

A/ APPROCHE D'UNE DEFINITION :

1°) Comparaison de deux textes :

a)      Comparaison quantitative.

b)      La fidélité au contenu.

2°) Définition.

B/ LA REDACTION DU RESUME :

1°) Comprendre le texte cible : une démarche en quatre étapes.

a)_Comprendre globalement le texte

b)_Saisir globalement l'image du texte, son organisation, sa structure

c)_<![endif]>Ressortir les idées essentielles

- notions de mots clés et de mots outils

- idées essentielles, idées secondaires et exemples

d)_Faire apparaître l'enchaînement de ces idées

2°) Réduire le texte : quelques procédés.

3°) Conseils pour:

a)_résumer un texte informatif ou argumentatif.

b)_résumer un récit : nouvelle, roman, pièce de théâtre, film.

c)_fautes à éviter

A/ APPROCHE D'UNE DEFINITION:

1°) Comparaison de deux textes : Texte 1 :

La Révolution informatique:

C'est la révolution informatique. L'ordinateur est partout. Le voici qui entre dans notre foyer. Maxi, mini, micro, sous toutes ses formes, c'est une nouvelle de puissance de calcul pour chacun d'entre nous. Des ''assistants intellectuels'' capables d'écrire, de nous parler avec une voix humaine, de jouer des notes de musique, de dessiner des graphiques en couleur. Les ordinateurs ouvrent des horizons nouveaux et des applications à d'infinies variétés.

Nous sommes déjà familiarisés avec les ordinateurs capables de réserver des places d'hôtel ou d'avion, de préparer des relevés de compte en banque, de calculer les salaires dans une entreprise.

Aussi nombreuses que puissent être les marques sur le marché, les ordinateurs ont la même  structure de base. Tous utilisent des programmes écrits dans des langages tantôt simples comme le Basic, tantôt plus complexes comme le Fortran ou le Cobol.

Mais l'informatique est encore chargée  de mystère. Elle s'apparente aux mathématiques et rebute nombre de ceux qui désireraient s'y lancer. Il faut démystifier l'informatique. Un ordinateur n'est qu'un outil comme un autre. C'est pourquoi comprendre le fonctionnement, les langages qu'il utilise, les relations entre son architecture interne  et un programme, permet de  pénétrer dans le monde de l'informatique et de se familiariser avec l'avenir qu'il nous prépare.

La révolution informatique s'est faite en un laps de temps si court que l'on est aussi assailli, agressé même  par un vocabulaire nouveau. Au détour d'une publicité, d'un article, d'annonces ou d'émissions télévisées, on est exposé à des termes étrangers comme  ''cycle  d'un ordinateur'', vitesses mesurées en '' nanosecondes '', capacité de mémoire en ''mega-octets'', mémoire vive, mémoire morte, mémoire centrale,  etc. Ces termes  sont inquiétants parce qu'ils sont nouveaux et non encore maîtrisés.

Une introduction simple à l'informatique doit permettre aujourd'hui  à chacun de mieux comprendre et choisir

les voies vers lesquelles nous engage cette nouvelle technologie. 

                                  Sciences et vie ( numéro spécial sur l'informatique).

Texte 2 :

L'ordinateur, cet assistant intellectuel qui commence à envahir même nos maisons, nous permet d'effectuer plusieurs opérations.

Partout, ses applications quotidiennes nous sont déjà familières.

Les ordinateurs ont tous la même structure et utilisent les mêmes langages.

Cependant, ressemblant aux mathématiques, l'informatique décourage. Il faut la démystifier : l'ordinateur est un simple outil.

Si son vocabulaire  inquiète,  c'est parce qu'il est encore nouveau.

Une initiation simple à l'informatique permettra d'appréhender les possibilités de cette technologie moderne. 

Lisez attentivement les deux textes : que constatez-vous ? Traitent-ils de sujets différents ? Quel est-il ? Où se situe la différence alors ?  Comment appelle-t-on le texte 2 ?

a) Comparaison quantitative des deux textes:

    Complétez le tableau qui suit  en comptant le nombre de mots et de paragraphes :

 

 Nombre de ...

Texte cible

Résumé

Paragraphes

 

 

Lignes

29

10

Mots

 

 

Caractères

1771

496

Proposez une définition du résumé.

b) La fidélité au contenu :

   Un résumé doit reprendre fidèlement le contenu du texte cible. Cette fidélité doit être  d'abord visible au niveau de l'ordre des idées. Pour vérifier cet aspect, dressons le plan du texte cible et comparons-le avec l'ordre des idées dans le résumé. Voir Tableau 1 :  Comparaison entre le plan du texte cible et le résumé.

 

Introduction

L'ordinateur est partout. Il devient de plus en plus nécessaire.

 

L'ordinateur, cet assistant intellectuel qui commence à envahir même nos maisons, nous permet d'effectuer plusieurs opérations.

Développement

Transition

 

 

Il a déjà envahi notre vie quotidienne.

   Les ordinateurs se ressemblent malgré la diversité de leurs marques.

   Mais l'informatique est encore chargée de mystère.

   Il faut la démystifier : l'ordinateur n'est qu'un outil plus ''intelligent''.

Son vocabulaire inquiète parce que nouveau.

Partout ses applications quotidiennes nous sont déjà familières.

    Les ordinateurs ont tous la même structure et utilisent les mêmes langages.

   Cependant,

   ressemblant aux mathématiques, l'informatique décourage. Il faut la démystifier : l'ordinateur est un simple outil.

Si son vocabulaire  inquiète,  c'est parce qu'il est encore nouveau.

Conclusion

Une bonne initiation doit permettre de mieux appréhender cette technologie.

 

Une initiation simple à l'informatique permettra de saisir les possibilités de cette technologie moderne. 

 

Une étude attentive de ce tableau montre qu'il est impératif que le résumé respecte l'ordre des idées du texte cible. Avant de procéder à la rédaction du résumé, il faut donc dresser le plan du texte cible.

B/ LA REDACTION DU RESUME:

1°) Comprendre le texte cible : une démarche en quatre étapes.

Première étape :  comprendre globalement le texte :

Il faut d'abord s'efforcer de:

_ comprendre globalement le sens général du texte.

_ saisir les difficultés de détail.

Exercices:

1- <![endif]>Dites en une seule phrase le sens général de ce texte :

La puissance du livre.

Le livre modeste et muet, le livre qui n'exige rien, qui se laisse abandonner, mutiler, oublier, le livre a toujours le dernier mot.

Il dépose dans l'esprit des germes dont rien ne peut avoir raison et qui, en dépit de la volonté même des préjugés de qui les accueille, se développent, vivent et finissent par modifier la forme même de cet esprit.

Issu des idées et des sentiments, le livre en crée à son tour d'autres qui aboutissent à d'autres livres, et ainsi de suite à l'infini, et la civilisation sans cesse modifiée par lui, n'est au bout du compte, que son reflet dans l'oeuvre  des hommes. Il en est le père et le maître. Son pouvoir est essentiellement magique.

C'est pour cette raison qu'il a toujours inspiré aux tyrans une horreur si profonde qu'ils s'acharnent à le détruire... Mais le livre se rit de ces attaques, de ces colères. Il vit quand tous ses adversaires sont morts, toujours  prêt à recréer un monde nouveau d'hommes libres, intelligents et heureux...

                                                                        Francis de NIOMANDRE.

-Expliquez les mots soulignés dans le texte précédent, d'abord dans votre propre langage, ensuite en consultant le dictionnaire.

3- Reformulez dans votre propre langage les paragraphes suivants après avoir expliqué les mots soulignés.

a- le chemin de fer était générateur de déterminisme collectif. L'automobile ouvre la voie à un individualisme effréné.

( Jean FOURASTIE)

b- le développement de nouvelles technologies provoque de nombreuses peur parmi lesquelles le chômage, l'isolement et les inégalités sociales.

c- Avec des informations aussi partielles et aussi fugitives, l'homme moderne n'a pas plus de chance de comprendre le monde qui l'entoure que n'en ont eu nos ancêtres de comprendre la pesanteur avant Newton. ( Jean FOURASTIE).

Deuxième étape :  saisir globalement l'image du texte.

Chaque texte est d'abord une image qui se présente, se découvre à votre regard. Il faut apprendre à saisir cette image, cette organisation, cette structure, ce plan. Il faut pour cela :

   _ retrouver les points de repère matériels, visibles comme les titres, les sous-titres, références, alinéas, paragraphes, numérotations, .

  _  découvrir les transitions : articulateurs ou paragraphes de transition.

  _  Lyre le premier ensuite le dernier paragraphe.

  _ Lire les débuts de chaque paragraphe intermédiaire.

  _ Saisir les liens qui unissent les différents paragraphes.

                                                                 Hamdaoui  Dahri.


                                                    Echec scolaire et handicap.

   Tout a commencé lorsqu'une parente d'élève est venue me voir pour me parler de sa fille: "Elle souffre de ladyslexie" m'a-t-elle avoué. Cette déclaration m'a fait replongé dans mes souvenirs, je me suis remémoré un des épisodes de la série "Bill Cosby Show".Le nombre d'élèves souffrant de dyslexie ou d'autres maladies qui sont à l'origine de l'échec scolaire est assez impressionnant pour en parler.

   Qu'est-ce que la dyslexie?

   C'est un trouble de l'apprentissage qui concerne la lecture et l'écriture. Il faut savoir que sans une bonne maîtrise du langage écrit, il est difficile de réussir à l'école. De ce fait, les enfants dyslexiques qui ont des capacités tout à fait identiques, parfois même bien supérieures à celles des autres en dehors de l'écrit, peuvent subir des échecs scolaires.

   Comment éviter l'échec scolaire?

   Il est primordial que l'enseignant comprenne les difficultés de l'apprenant et qu'il en tienne compte dans le travail demandé, car ce sont forcément des enfants qui demandent un peu plus de patience et d'attention et surtout de temps. Les enfants atteints de dyslexie ont besoin d'encouragement plus que les autres pour reprendre confiance en eux. IL est donc extrêmement important de ne pas confondre cette difficulté d'apprentissage avec un retard intelletuel ou un manque de volonté. Quant aux parents, ils doivent être particulièrement compréhensifs et disponibles car leur rôle est des plus importants. Ils doivent aider l'enfant à s'organiser et surtout à apprendre à avoir confiance en lui-même, en l'encourageant régulièrement.

   L'enfant, lui, doit réaliser qu'il a des difficultés et doit redoubler d'efforts. IL faut qu'il réalise qu'il n'est pas moins intelligent que les autres. Il est appelé à mettre plus de temps dans le travail du langage écrit.

   Comment résoudre le problème de la dyslexie?

   Elle ne constitue pas un problème en soi. Elle ne devrait pas perturber l'éducation de l'enfant. Si l'anomalie est détectée suffisamment tôt et si l'enfant reçoit une aide psycho-pédagogique, il parviendra à surmonter ses difficultés de lecture et passer normalement ses examens. Chez l'enfant dyslexique, il est bon de mettre l'accent sur les activités et les aptitudes non verbales et d'insister sur le côté artistique et créateur de son développemen afin qu'il ne perde pas confiance. Il faut essayer d'introduire plus d'oral dans le processus d'apprentissage.

   Quelques grands dyslexiques:

   L'histoire est jalonnée de gens célèbres ayant été atteints de dyslexie et pourtant ils ont marqué leur temps. On peut citer: Albert Einstein, J.F Kennedy, Walt Disney, Stephen Spielberg, etc.

                                                                                            NAIR  Djelloul.


COMMENT CONCEVOIR ET PRESENTER UNE FICHE DE LECTURE ?

 

1. Nom de l'auteur: Mouloud Maameri.

   Titre de l'ouvrage: "L'Opium et le bâton."

   Edité chez: Plon.

   Lieu et date de parution: Paris, 1965

Nombre de pages: 381.

2. Sujet traité: la guerre d'Algérie, du côté FLN.

    Ton: soutenu.

    Genre: roman dramatique ( en prose).

    Méthode: témoignage vivant d'un drame vécu: la guerre d'Algérie.

Résumé de l'oeuvre:

   Pour le docteur Bachir Lazrak, le fait d'avoir étudié en France rend sa position ambigüe vis-à-vis de la guerre d'Algérie. Pourtant, par l'entreprise de son ami Ramdane il quitte Alger pour la Kabylie. Sa mission consiste à rallier la Wilaya II afin de réorganiser le service sanitaire. Il transite par Tala, son village natal. Là, il est confronté avec la dure réalité de la guerre: le village a beaucoup changé. Ali son jeune frère a rejoint les rangs de l'A.L.N, Belaid, l'aîné, par contre est du côté des français. Bachir est révolté par la lâcheté des habitants de Tala. Il apprend en outre que Ramdane a été arrêté par la police à Alger. Ceci précipite son départ pour la Wilaya III où il mène à bien sa mission.Lors d'un accrochage, il est blessé par l'ennemi, il doit quitter l'Algérie pour Larache (Maroc). De passage à Alger, ilest arrêté et conduit à la D.S.T pour subir un interrogatoire, mais il réussit finalement à se tirer d'affaire.

   Arrivé au Maroc, il s'avère qu'il n'est pas apte à reprendre ses activités, il en profite pour visiter le pays etse reposer. Pendant ce temps, à Tala, la situation est dramatique pour la population civile. L'action psychologique des soldatsfrançais n'est pas concluante et l'armée sévit en employant la force (séduire ou réduire). A la fin de l'été, Bachir doitretourner en Algérie.

Tala: les villageois sont réunis sur la place: Ali leur héros est exécuté sous leurs yeux; à la suite de quoi le village estbombardé après avoir été vidé de ses habitants. Bachir est retourné à Alger, la guerre n'est pas encore finie.Le roman a été porté à l'écran, adapté et réalisé par Ahmmed Rachedi en 1970 avec une pléiade d'acteurs célèbres:Mustapha Kateb, Bachtarzi, Sid-Ali Kouirat, Fettouma, Jean-Louis Trintignant et Marie-José Nat.

CRITIQUE DU FILM:

"L'Opium et le bâton" a eu certes un grand succès populaire mais selon les critiques de cinéma, dans ce film, Ahmed Rachedi est tombé dansla facilité et aussi dans l'euphorie que procurent les grands moyens mis à sa disposition. Ce film allait nous servir les pires ficelles du film de guerre, du western de catégorie C et caricaturer, malgré le cinéaste, la lutte de libération nationale. Tous les poncifs, les clichés étaient au rendez-vous, sauf la qualité.

                                                         M.A. BENMESBAH.


   Oran ma ville natale a célébré son nouveau centenaire et je ne peux taire son apport culturel à ses enfants "du sol" ou d'adoption. Comment ne pas s'enrichir dans une cité de brassages ethniques, culturels, linguistiques et confessionnels?

   Ville bastion, ville tension, ville passion, ville libération, Oran s'enorgueillit du concept "multicolore/multi- culturel" avant l'hexagone d'en face, de la notion de tolérance qui dans les mémoires demeure bien ancrée et vécue par ses actuels "jeunes" quadra/quinquagénaires.

   Les aléas de l'histoire, des occupations successives firent que ses enfants ouvrant leurs yeux à la veille de la libération et trouvérent normal qu'on y parlât arabe tout d'abord puis français puis espagnol.

   Oran polyglotte.Oran don't les artères furent foulées par les Janissaires et les Deys venus du Bosphore, par les "Ximenes" arrivés d'une si proche Andalousie et parles troupes tricolores ouvrant le passage aux colons en manque de territoires.

   Par la domination, la seule dénomination de nos rues, sites, quartiers, écoles, lycées, musées, hôpitaux, monuments, édifices est évocatrice de courants historico-culturels précis. Une ballade dans ma ville équivaut à la lecture d'encyclopédies.

   Débarquant du "ville d'Oran" ou du "président du Cazalet" sur le quai du "Sénégal", non loin des doks de la compagnie "Charles le Borgne", vous quitterez le port, passerez près de la manifacture "Bastos" puis traverserez la place de la République et rejoindrez le boulevard Stalingrad pavé.

   Le regard se porte naturellement sur le fort de Santa Cruz, sur la chapelle et sa Vierge, et sur notre Marabout protecteur de la ville.

   En empruntant la rue Phillipe, vous raserez les murs ocres de la mosquée du Pacha pour découvrir enfin la place d'Armes avec sa Marianne, son hôtel de ville, son théâtre et son Château Neuf. De là, vous irez au lycée "Pasteur" par le boulevard "Gallienni" ou Camus le "pestiféré" aimait, d'une célèbre terrasse, admirer les Françaises "bas nylon" qui déambulaient en quête d'autres conquêtes.

   Que de noms !  Que d'histoires !

   Etre né ou avoir vécu dans cette ville avant l'indépendance, c'était découvrir par une curiosité enfantine bien naturelle un environnement enrichissant, car lui-même enrichi par les différents apports communautaires.

   Voilà pourquoi aujourd'hui la sensibilité d'un étranger est incomparable avec celle d'un enseignant francophone des pays limitrophes. C'est sûrement la conséquence de laprésence prolongée de l'occupant.

Nous enseignons non seulement une langue, mais véhiculons consciemment ou inconsciemment une culture de par notre vécu qui ne manque pas de déteindre sur nos ouailles. Notre compréhension naturelle de notre langue maternelle, de notre culture, de nos traditions ainsi que de notre "bain linguistique" pris à notre naissance comme un  "baptême" font que l'enseignant actuel du F.L.E perçoit plus finement, voir de manière charnelle les subtilités de la communication e cela ne s'acquiert pas dans les instituts mais dans les foules.

   Quand on est né à la rue Wagram, quand on a usé ses fonds de culottes sur les bancs de l'école Ferdinand Buisson ou Jean Macé, quand sa première institutrice s'appelait Christine ou Françoise, comment ne pas être marqué d'une culture qui finit par suinter trois ou quatre décennies plus tard.

   L'école coloniale étant ce qu'elle fut avec ses programmes orientés, j'ai découvert La Fontaine, Hugo, Zola, Stendhal, Poquelin, Voltaire et tous les autres avant El Moutanabi et El Farazdak !

   J'ai aussi "visité" Chenonceau, Azay le Rideau, Les Tuileries, Versailles avant Timimoun et le M'zab.

   Je devais aussi connaître la longueur de la Seine, du Rhône, de la Garonne, du Rhin avec les affluents et confluents avant le Chelif et tous nos indomptables  et imétueux .oueds.

   Je m'identifiais aussi aux Gaulois, aux Francs, j'admirais Jeanne d'Arc, Charlemagne avant de découvrir notre glorieux Emir, N'soumer, et nos héroïques cavaliers d'El Macta !

   La langue francaise étant aussi un "butin", faisons qu'elle soit une langue d'ouverture, de découverte et de communication car nous en avons sans  fausse modestie, les capacités. Ouvrons pour que nos enfants puissent, sans complexe aucun, s'exprimer dans des langues qu'ils maîtrisent et qui les enrichissent.

   Notre environnement (rues, médias, documents, enseignement, enseignes,...) est propice à l'apprentissage du français F.L.E; sachons en tirer parti.

                                                                          Mohamed Aziz  Merdji.


   Apprendre une langue étrangère, telle était mon ambition en ce matin d'octobre où je pris mon inscription. A mon premier cours, je remis tout mon savoir en question. Je venais de découvrir les techniques d'expression qui allaient débloquer mon. imagination et faire de moi un apprenti poète.
   Je m'initiais donc aux techniques d'investigations littéraires. Comme j'avais raté deux cours, je fis naufrage avant d'atteindre  «  Le Rivage des Syrtes » (1), ayant longtemps louvoyé entre la problématique et la thématique de l'ouvre.
   L'apprentissage est dur, mais en apprenti sage, je recherchais la culture avec vaillance. Une science aussi coriace que la linguistique allait contrarier mes projets et me dévier de mes pensées : pourpre, mauve et parme ont toujours été pour moi de simples synonymes, ils deviennent une variation libre.
   C'est ce qui me hante chaque soir dans ma piaule enfumée quand je ressasse mes leçons.
   Heureusement que l'enseignement de la sociologie me fournit de nouvelles informations.
Les femmes primitives avaient bon goût : elles vivaient de cueillettes et faisaient des bouquets de violettes, de lilas et de .pensées.
   Leur parfum me monte à la tête et me fait oublier la valse des virgules, des accents et des majuscules.                                                                                                             ABBOUB. A.

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(1) « Le Rivage des Syrtes  » : ouvre de Julien GRACQ, au programme de 1ère année de Français dans les années 80.


   Un matin d'été, dans un des quartiers populaires de la ville, et sous un soleil de plomb, un  jeune charretier vêtu de jeans sales, d'une chemise à manches courtes laissant entrevoir un torse maigre, bruni par le soleil de tous les jours, et des sandales dont on ignore la vraie couleur tant elles étaient usées et tant elles avaient servi. Il criait d'une voix éraillée en vantant sa marchandise et en  maudissant son ânon, une bête cadavérique, épuisée, qui traînait péniblement une charrette sur laquelle s'amoncelait  une montagne de légumes. La pauvre bête, essoufflée, n'en pouvant plus, s'arrêta tout d'un coup, sous l'ire du charretier, qui sans hésiter, prit un gros bâton et lui assena des coups aux reins pour la faire avancer. Des coups vains qui résonnèrent comme dans un tambour crevé. L'ânon, au lieu  d'obtempérer, comme d'habitude, ne bougea plus, et les coups pleuvaient à nouveau, accompagnés d'insultes et de crachats. Le petit animal, las et résigné s'immobilisa.
   Non loin de là, passait une autre charrette que traînait vigoureusement un autre baudet, Imar, une bête vigoureuse, une vraie force de la nature. Un bel animal. Robuste. Fougueux. Insouciant comme tout âne  certes, mais très alerte. La carriole qu'il tirait ne pesait guère lourdement sur son dos. Il s'amusait même des fois, pour taquiner  son maître,  à faire tanguer la charrette de droite à gauche, et cela faisait tomber quelques légumes; ce qui énervait le charretier. De temps à autre, celui-ci levait son bâton, faisant mine de le frapper, mais s'exécuta rarement. Il y avait une certaine complicité entre eux. Pour le calmer, il lui donna une poignée d'orge qu'il cachait dans sa poche pour l'occasion. Il savait qu'un âne est un âne. Il n'y a pas plus têtu.même une mule. Il  peut s'exécuter  pendant des éternités, mais lorsqu'il décide de dire non, eh bien, c'est non!
Imar continuait son manège. Tout d'un coup,  les coups de trique que le petit âne recevait sur son corps si frêle, attirèrent son attention. L'ânon poussait des gémissements plaintifs et respirait bruyamment. Chaque coup lui fit perdre l'équilibre, et il sentit le sang gicler de son corps meurtri. Les deux barres de métal qui l'attachaient au chariot et les lanières de cuir qui lui lacéraient les flancs le gênèrent dans ses mouvements. Il sentit la syncope arriver et s'affala par terre. Les légumes roulèrent dans tous les sens; et le propriétaire de l'ânon, fou furieux, se rua comme un forcené sur lui, pour l'achever. Ne pouvant résister à tout cela, Imar, prit de pitié et de compassion, se redressa sur ses quatre pattes, faisant balancer la charrette dans toutes les directions pour s'en libérer. Il y réussit en un tour de "patte". Il bondit en poussant des braillements qu'on entendit à des milliers à la ronde. Fou de rage, il s'élança vers le méchant charretier qui n'en finissait pas de battre le pauvre ânon. Il le mordit à pleines dents aux fesses. Le charretier surpris, se retourna pour se défendre, leva sa matraque en sa direction pour lui porter un gros coup. A ce moment, Imar virevolta,  et d'une franche ruade à la poitrine, l'envoya rouler par terre. Des jeunes gens qui étaient aux alentours arrivèrent en criant pour venir au secours du méchant charretier. Les uns tenaient des bâtons, les autres lançaient des pierres  sur Imar en vociférant: "Attrapez-le! Attrapez-le! Ce maudit âne est devenu fou! Finissons-le!". Imar, sentant que les humains ne lui pardonneraient jamais de s'être attaqué à l'un des leurs, prit la poudre d'escampette, sans demander son reste.
Dans sa fuite, il rencontra sur son chemin beaucoup d'autres ânes traînant  tranquillement d'autres charrettes. Il vint se plaindre à eux, en les suppliant de se joindre à lui, pour  mettre fin à leurs  affres et souffrances, mais ne récolta que l'indifférence totale et des coups de la part des charretiers.
Aucun autre âne n'a eu la moindre pitié pour lui ou a répondu à ses plaintes.
Il courut, courut jusqu'à épuisement. La horde qui le poursuivait s'abattit sur lui. Imar savait ce qui l'attendait. Résigné, abattu, épuisé, il s'affala au pied d'un mur et attendit le coup de grâce. La meute ne fut guère clémente pour lui. Des pierres, des coups de trique, des coups de fouets. Avec le peu d'énergie qui lui resta, il donna quelques ruades et mordit quelques chaires. Mais les coups se multiplièrent. Avec un stoïcisme exemplaire, il les sentit lui déchirer, lui lacérer, lui brûler le corps. Il ne pensa qu'à l'ânon, qui en ce moment était sûrement tranquille, et que son âme libérée de toutes les souffrances de la terre et des humains, serait certainement plus sereine dans un monde meilleur. Seules des larmes coulèrent de ce qu'il lui restait d'yeux; des larmes chaudes, ensanglantées, qui montrèrent toute la déchéance et le désespoir d'une certaine catégorie animale. Il voulut mourir pour rejoindre le petit âne.
A ce moment, il entendit la voix qui lui était si familière crier: " C'est mon âne! C'est mon âne! Laissez-le tranquille. Vous l'avez assez battu pour ce qu'il a fait. Vous n'allez pas le tuer tout de même? Il les suppliait. Rien n'en fit. Il s'interposa alors entre lui et les coups, et en reçut même quelques-uns qui faillirent l'assommer. Une fois leur colère assouvie, les gens s'en allèrent. Imar devina la main rugueuse de son maître le caresser et lui panser ses blessures. Et pour la première fois, il mit sa tête contre celle de son ami et pleurèrent ensemble.

                                                                                               SOUIG


Un collègue raconte qu'en début d'année, il avait un élève qu'il avait déjà eu l'an précédent: très sérieux, très studieux et discipliné. Exemplaire. Mais cette année, il est devenu méconnaissable:  turbulent, paresseux et indiscipliné. Un vrai poison en classe.
Le prof en toucha un mot aux autres collègues qui s'étonnèrent à leur tour et tous tombèrent d'accord: le gosse a changé complètement: le docteur Jekyll s'est transformé définitivement en M. Hyde! Sans perdre un instant, ils convoquèrent les parents pour s'enquérir de tout cela. Ceux-ci  répondirent à l'appel et affirmèrent que c'était la première fois qu'ils étaient appelés à cause de leur fils. "Quelle honte!" s'exclamèrent-ils.
De fil en aiguille, on sut finalement le pourquoi de la chose: les parents ont refusé -faute de moyens- d'acheter à leur fils des espadrilles "Reebok". Il leur a promis de leur rendre la vie difficile. à eux ainsi qu'à ses profs, s'ils ne se pliaient pas à ses exigences. Et il a tenu sa promesse.  Chantage d'adolescent!
En fin de compte, les parents, confus et résignés s'inclinèrent: une chute plutôt qu'une inclinaison: 8000 DA! La moitié du salaire du paternel. Le "mesrouf" de 15 jours! Qui dit mieux?
Le père, en nous quittant, nous lança d'un ton plein d'amertume et de colère:"Je dois me sacrifier pour l'instruction de mon fils. Moi j'ai pas eu l'occasion de fréquenter les bancs d'école. Mais si par malheur il ne passe pas en classe supérieure, je lui ferai bouffer sa "sberdina"; et je vous promets qu'il la bouffera jusqu'au cordon!"

                                                                          SOUIG


    Kilam Neb, généticien de renom, s'apprête à partir pour la Mosalie après avoir obtenu un crédit    pour le financement de son projet qui consiste à implanter des graines transgéniques présentant des caractères nouveaux de résistance à la sécheresse. Cette découverte est le fruit de tant d'années de manipulation dans les laboratoires du SNRS.
Kilam n'est pas au bout de ses peines car il faut désormais semer ces graines dans une terre expérimentale, achetée par une partie du subside, à Gamochio la capitale de la Mosalie et attendre le résultat. Ce qui explique le sentiment d'angoisse qui l'envahit quoique fier de pouvoir essayer d'apporter ne serait-ce un bien être à un pays meurtri par la misère, la famine et les guerres ethniques.
Aussi ce projet représente- t-il un défi à la nature peu clémente pour les autochtones de ce pays et un pari contre ses collègues trop sceptiques.
Le commandant de bord annonce l'imminence de l'atterrissage à l'aéroport de Gamochio et rappelle que le mercure atteint les 47°C ce qui ajoute à l'inquiétude de Kilam. En effet, ouvrer dans un tel climat exige de l'homme non seulement de la patience, mais des efforts surhumains.
A l'aérogare, il fut accueilli par ces deux amis et collaborateurs N'jobo et Talabo. Le premier est agronome, l'autre est médecin et membre influent d'une confrérie. D'ailleurs, sa participation à l'entreprise fut précieuse et  c'est grâce à lui que les autorités ont accepté de vendre à un étranger une parcelle de terre appartenant au domaine.
- Bonjour mes amis, quelle joie de vous revoir en si parfaite santé !
- Bonjour docteur, répondent-ils presque en même temps, le bonheur est partagé.
- J'ai reçu votre télégramme il y a de cela deux semaines et vous me faisiez part d'un problème sans aucun détail. Je voudrais savoir de quoi il en retourne .
- Et bien Dr, répond Talabo, le terrain en question a été squatté par des réfugiés venus du sud du pays, ils sont environ une cinquantaine. Pour des raisons humanitaires, les autorités ont refusé de les déloger prétextant qu'ils n'ont pour l'instant aucun endroit où ils peuvent les installer et que le terrain s'y prête bien pour planter les tantes. Mais rassurez-vous, nous pensons qu'un compromis peut être trouvé et c'est une question de quelques jours. D'ailleurs, nous avons rendez-vous avec le gouverneur Tchulumba cet après-midi.
- Fichtre ! ce n'est vraiment pas de chance, déclare Kilam, le temps presse et nous n'avons pas le luxe d'attendre car les graines doivent être semées avant qu'elle ne perdent leur capacité de résistance.
- Je le sais, rétorque N'jobo, mais que faire surtout que l'administration dans ce pays est tatillonne.
- Je désire avant tout me rendre sur place et constater de moi-même ce qui se passe avant l'entrevue avec le gouverneur.
- Très bien. Prenons ma jeep qui est garée tout près d'ici, propose N'jobo
Arrivé sur les lieux, Kilam est horrifié par l'état d'indigence dans lequel se trouvent les réfugiés. A la vue de l'étranger, un vieillard escogriffe en haillon s'approche nonchalamment et avec assurance des trois hommes.
- Que la paix  soit  sur vous ! Messieurs.
- Que la paix soit sur vous aussi, répondent  l'un après l'autre les trois hommes.
- Nous venons du sud, nous avons abandonné notre village ; enfin ce qui restait, à cause de la famine. Nous avons tout perdu : terres, bétail et même notre dignité en tant qu'humain.
- Je suis au courant. Je compatis sincèrement à votre malheur., dit Kilam très gêné.
- Merci monsieur, interrompt le vieillard. Voulez-vous prendre du thé avec moi et mes coreligionnaires ?
Les quatre hommes pénètrent dans un abri de fortune construit avec quelques morceaux de bois trouvés sur place et s'assoient à même le sol. Cinq hommes les suivent et se joignent à eux. Kilam observe silencieusement une femme d'âge mûr, sympathique avec un visage anguleux et frêle qui prépare le thé en faisant bouillir une eau douteuse sur un amas de bois incandescent.
Le vieillard rompt le silence en s'adressant à Kilam d'un ton calme et serein :
- Je voudrais, monsieur, en mon nom et celui des miens vous présenter mes excuses pour avoir occupé illicitement votre terre, mais croyez-moi cela est vraiment indépendant de notre volonté. Ce sont les autorités qui nous ont acheminé jusqu'ici et c'est par la suite que nous avons été mis au courant de votre intention d'exploiter cette terre. Selon les informations que je détiens, nous devrons la quitter d'ici quelques jours.
- Oui, c'est cela. Mais voyez-vous, le problème c'est que je n'ai pas beaucoup de temps. Je dois absolument faire les premiers essais.
Kilam explique longuement en quoi consiste l'essai et essayant, sous le regard ahuri des hôtes, de vulgariser au maximum les données scientifiques en se faisant de temps en temps traduire par N'jobo.
Je n'ai pas tout compris, mais que Dieu soit avec vous et qu'il vous aide à concrétiser votre souhait.
Kilam et ses amis prennent congé et promettent au vieux de trouver un dénouement honorable à leur problème. Sur le chemin du retour, Kilam reste silencieux et pensif pendant que N'jobo et Talabo échangeaient des propos dans leur langue. Soudain, Kilam les interrompt et leur demande à qui appartient le hangar qui se trouve à proximité du terrain. D'après Talabo, une société étrangère dont le siège est à Gamouchio avait pour projet de construire une usine de textile, mais pour des raisons conjoncturelles très difficiles, le projet fut annulé.
Le lendemain, Kilam se rend au siège de la société et réussit d'une manière péremptoire à convaincre le directeur de mettre à la disposition des réfugiés le hangar en souffrance pour servir d'abri à ces quidams.
Sitôt entré à l'hôtel, il contacte ses associés en les invitant à le retrouver sur le terrain pour commencer l'opération d'emménagement des expatriés et qu'il a en outre d'autres propositions à soumettre au vieil homme.
Le vieillard écouta attentivement Kilam qui lui propose de l'associer lui et les autres au projet moyennant nourriture et eau potable. Il lui laisse le soin en tant que chef de tribu de choisir des hommes disponibles pour ensemencer les graines de blé mutantes.
Le vieil homme, avec un sourire narquois, fait remarquer à Kilam que c'est un honneur pour lui et ses compatriotes d'y participer.
Kilam rentre à Paris en laissant le soin à Talabo et N'jobo de superviser l'opération sans oublier de leur faire les dernières recommandations d'ordre technique sans quoi le projet serait voué à l'échec.
Quelques mois après, Kilam retourne en Mosalie et n'oubliera jamais cet instant où arrivé sur les lieux, il découvre le spectacle nouveau de cette terre transformée  et ne  doute pas du bouleversement que ces graines de vie vont provoquer dans ce pays

                                                                      Bentouati  Abdelmalik.


   Ce texte, écrit en décembre 1980 était à l'origine un exercice d'expression libre dont l'objectif était le réinvestissement des connaissances acquises en TEE ( Techniques d'Expression Ecrite ) , avec manipulation de concepts du genre matériosélecteur, idéosélecteur, sens institué, etc.
   Le résultat fut désastreux pour moi, car  je me suis fait cintrer par l'enseignant qui n'appréciait guère l'humour cinglant d'un potache «  acnéïque  »
Je le confiais  alors aux rédacteurs de la revue estudiantine de l'époque.
   Les étudiants de l' I.L.V.E. ( Institut des Langues Vivantes Etrangères ) de l'Université d'Oran Es-Sénia avaient une revue qui s'appelait «  El Kalima  » : un espace babelien ou s'entrechoquaient les mots dans une douce cacophonie plurielle.
   La revue eut des moments de gloire, éphémères certes, mais porteurs d'espoirs, brillant de mille feux  d'une jeunesse insouciante mais avide de s'exprimer librement, bien avant le bouillonnement d'Octobre 1980.n fouinant dans mes souvenirs,  je l'ai retrouvé, avec quelques rides et la patine des ans en plus , mais toujours intact et d'actualité.
   Entre-temps l' ILVE  a déménagé de la Sénia, perdant en cours de route son  «  V » pour devenir  I L E   tout court.
Institut de Langues Etranges ou Institut des langues. Enroulées (sur elles- mêmes ). Pour ma part, je donne ma langue à un chat.persan !
Le F L E est-il passé par là, ou bien continue-t-on d'y ronronner les sirupeuses mélopées qu'on nous servait déjà dans les années 80.
Silence ! On dort.
                                                                      Abdelkader ABBOUB.


PRODUCTION DE TEXTES DE LECTURE ET EXPLOITATION  AU SERVICE DU SENS:
- Compétences attendues en lecture au terme de chaque année.
- Inculquer les comportements de lecture autonome.
- Passer d'une lecture scolaire privilégiant les exercices systématiques d'acquisition à des activités sur la fonction sociale de la lecture.
PROGRESSION:
- Lire ( maîtriser les mécanismes de base de la lecture à des fins de compréhension).
- Lire mieux ( améliorer la qualité et la vitesse de lecture).
L'APPROCHE DES IMAGES DU TEXTE:
Il suffit d'examiner le comportement des enfants qui ne savent pas encore lire et qui feuillettent un livre pour se rendre compte que le texte leur apparaît comme une image parmi d'autres, une à déchiffrer à la lueur du contexte iconique. Pour les adultes qui lisent une annonce publicitaire, un tract ou le journal, le premier contact est également une image que leur renvoie le texte à décrypter. En langue étrangère, on s'appuie bien volontiers sur « l'image du texte », pour accéder au  sens du document et de le faire appréhender aux apprenants. Cependant, le mot image a de nombreuses significations. On peut parler d'image globale du texte quand il s'agit de la forme du document dans son ensemble, de micro image quand il s'agit d'un simple signe  linguistique ( un signifiant).
CONSEQUENCES PEDAGOGIQUES:
Moins l'on connaît la langue d'un texte qu'on essaie de lire, plus il nous apparaîtra d'abord comme une image, puis comme un emboîtement et une superposition de plusieurs images. Ainsi, dès les premières tentatives de lecture, il nous semble nécessaire d'insister sur le  repérage d'indices pertinents. C'est la raison pour laquelle l'exploitation des textes doit se faire comme une observation d'image. Le rôle de la typographie est essentiel car il contribuera au repérage des articulations d'un texte et de son cadre. L'approche image globale permet par la suite le dépouillement linéaire mais non exhaustif pour orienter ensuite les stratégies de découvertes de sens qui se fondent sur l'habitude de lire. Nous pouvons, par conséquent, résumer en affirmant que pour former des enfants lecteurs,  il faut les soumettre à un processus de découverte du texte, le schéma de communication en poursuivant par le repérage d'indices formels en conjugaison, grammaire, orthographe, vocabulaire et en concluant par le plus important en comprenant après avoir mis au service du sens du texte toutes les acquisitions antérieures ( activités de langues).
                                                                               Mmes  GOURARA NADIRA & BELHADID HAFIDA.


   Meursault, le narrateur est un jeune et modeste employé de bureau habitant Alger. Un matin, il reçoit un télégramme lui annonçant le décès de sa mère. Il obtient un congé. A son arrivée à l'asile où séjournait sa maman, le directeur lui annonce que l'enterrement religieux est fixé au lendemain matin. Lors de la veillée, Meursault ne donne pas l'impression d'être triste ; il ne verse aucune larme. L'enterrement lui paraît interminable et la chaleur insoutenable. Meursault enterre sa mère sans larmes et ne veut pas simuler un chagrin qu'il n'éprouve pas.
   A son retour à Alger, Meursault rencontre Marie, une ancienne collègue avec qui, il passe d'agréables journées. Son voisin de palier Raymond Sintez l'invite à venir « manger un morceau » avec lui. Ce voisin a mauvaise réputation ; il lui avoue d'ailleurs, lors du dîner, qu'il s'est battu avec le frère d'une femme qu'il entretient et qu'il veut punir pour tromperie et demande à Meursault de lui écrire une lettre pour la faire revenir et l'humilier. Meursault rédige la lettre. Raymond lui est reconnaissant.
Un dimanche, Marie, Meursault et Raymond prennent l'autobus pour se rendre chez Masson qui les attendait en compagnie de sa femme. Ils ont un cabanon près d'Alger. Pendant que Marie aide madame Masson, les trois hommes vont se promener sur la plage où ils aperçoivent deux arabes. Une dispute éclate. Raymond frappe un des deux types  et Masson s'occupe de l'autre. Meursault ne prend pas part. Raymond est blessé car l'un des arabes avait un couteau. Le soir, le même scénario se reproduit , mais cette fois c'est Raymond qui provoque son adversaire. Meursault, par précaution, oblige son ami à lui remettre son revolver. Les deux arabes se retirent. Quelques heures après, Meursault éprouve le besoin de revenir sur la plage. Il se dirige vers la source pour se rafraîchir. Et là, devant lui se dresse l'Arabe. Il prend peur et serre le revolver dans sa poche. L'Arabe sort son couteau.  Meursault, pris de panique, vide le pistolet sur lui.
Meursault est arrêté et subit plusieurs interrogatoires. On lui désigne un avocat d'office. Toutes les questions de son défenseur ainsi que celles du juge d'instruction portent sur les sentiments qu'il avait pour sa mère. Les propos sincères et naïfs de Meursault gênent les deux parties. Il ne manifestait aucun regret. Il est enfermé avec d'autres prisonniers et très vite il comprend que la situation  est  grave.
   Son procès se déroule au mois de juin. Toute l'instruction, puis maintenant le débat porte sur son comportement le jour de l'enterrement de sa mère. Il est accusé de n'avoir pas versé une larme pour elle, d'avoir une liaison irrégulière avec Marie, d'avoir écrit une lettre à Raymond sachant qu'il était souteneur et qu'il a fourni de ce fait un témoignage de complaisance en sa faveur; d'être le complice de Raymond  et que son crime était crapuleux.
Meursault comprend que les choses vont mal pour lui. Il se sent exclu. Il était étranger à son propre procès. La cour le condamne  à mort. Dans sa cellule, il pense à la mer, à Marie qui cesse de lui écrire. Il se sent  soulagé malgré tout
.CAMUS ALBERT :  Ecrivain français né en Algérie en 1913.
                                    Auteur d'essais ( le mythe de Sisyphe)
                                    Auteur de romans ( l'Etranger, la Peste )
                                    Auteur de pièces de théâtre (Caligula, les Justes)
                                    Prix Nobel de littérature en 1957
                                    Mort absurde en 1960 dans un accident de voiture dont  il était passager
   Albert Camus : « Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il  me restait. à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine. » extrait de « l'Etranger »
Voici ce qu'en écrit Camus en 1955 dans la préface à l'édition américaine:
« J'ai résumé l'Etranger, il y a très longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale. Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort. Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l'on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple, il refuse de mentir. Mentir, ce n'est pas seulement dire ce qui n'est pas. C'est aussi, c'est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cour humain, dire plus qu'on ne sent. C'est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu'il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu'il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu'il éprouve à cet égard plus d'ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombre. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans l'Etranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. »

NAIR D.


LA GUERRE

Toi  la guerre !
Je te parle !
Je ne t'aime pas !
Parce que tu tues les enfants,
Les femmes et les hommes
Et ma famille aussi.