Oran est une ville très
charmante pleine de secrets et de trésors et où la nature est une
reine.
Entre Tiaret et Oran,la terre
revêtue de couleurs. Les champs de blé encore verts, des tapis de fleurs vert et
rouge, des arbres solitaires, le berger et ses chèvres colorés de gris, de blanc
et de noir.
Les rayons doux du soleil
qui embrasse tendrement les épis et les coquelicots gais. Les parfums de la
nature et la brise, la musique du silence.
La mer et sa beauté divine illuminée par le soleil, ce grand
astre qui envoie sa passion lointaine dans ses lettres d'amour et de chagrin.
Les vagues qui viennent mourir l'une après l'autre aux pieds de l'homme pour lui
dire : « Je suis le silence aux couleurs du bonheur, je suis ton amour muet et
insensé. Je suis tes larmes, je suis ton cour de cristal, je suis la magie de la
nature qui fait rêver. »
Oran est un
grand musée à ciel ouvert, influence de plusieurs cultures ( grecque, romaine,
espagnole, turque, française .).
Le
théâtre, cette merveille de beauté, ses statues, ses balcons, ses sculptures
fines.
La statue ailée, symbole de
liberté.
Les arènes, un trésor
architectural, souffrant de la négligence de l'homme qui, au lieu de protéger le
site, le loue à des jeunes qui organisent d'interminables parties de
foot.
Des jeunes qui souffrent de la mal
vie, les malheureux essaient d'oublier leurs problèmes et de combler le vide par
le vide.
On a visité le quotidien
d'Oran où on a trouvé certains intellectuels masqués, prisonniers dans leurs
têtes. Crédibilité ? Objectivité ? Tous ont le même regard triste, la même mine.
Au fond de leurs yeux, une peur immense qui vient on ne sait d'où. Leur but est
d'informer le lecteur aveuglé par le plaisir de lire. Le peuple a besoin de
vérité, pas d'information- déformation.
A part les visites, j'ai trouvé la liberté d'expression, j'ai
rencontré de vrais hommes libres dans leurs idées et leurs pensées, de vrais
artistes du verbe. Malgré toutes les embûches et les entraves, ils réussiront,
j'en suis sûre. Bouleba Bakhta, ( I.L.E., Tiaret.).
Je voudrais aujourd'hui vous parler de la musique andalouse. Cette musique est représentative de la société en Algérie malgré ce qu'on pense hors de nos frontières. On croit, et à tort, qu'il n'ya que le "raï". Certes, cette musique est très répandue et est très en vogue dans notre pays; mais l'andalou l'est autant. On l'écoute beaucoup plus dans certaines régions que dans d'autres et avec délectation. La musique classique algérienne est ce qui nous reste de la magnificence de l'Andalousie. C'est un patrimoine arabo-islamique. Toutes les associations musicales modernes ont le souci de perpétuer la tradition des anciens et d'inculquer aux jeunes générations les vestiges précieux d'une culture. Elles continuent de transmettre les fruits d'une culture millénaire, d'un monde raffiné,ordonné. Tout n'est qu'harmonie. L'apprentissage est oral; il possède ses secrets et ses rites magiques d'histoire et surtout de légende.
En 1909, à Alger a été créé l'un des premiers orchestres de musique andalouse. Les musiciens avaient acquis leur savoir oralement en jouant dans les fêtes familiales et religieuses aux côtés des maîtres.
La transmission orale est restée pour les musiciens un outil pédagogique incontournable en donnant la priorité àl'oreille musicale, en parallèle avec l'apprentissage du solfège dans les conservatoires et salles de cours.
La création d'"El Mawcilia" en 1930 à Alger puis d'"El Djazairia en 1932 à Tlemcen a aidé à l'élargissement des frontières à cette musique.
En 1932, lors du premier festival de la musique arabe traditionnelle eut lieu le premier enregistrement d'un microsillon au Caire.
Les grands maîtres de la "Nouba" algérienne comme Dahmane Benachour, Larbi Bensari, Larbi Benmensourformaient le premier orchestre connu mais encore traditionnel car ils n'étaient que huit. Maintenant, le nombre est beaucoup plus important.
Tous veillent à ce que les instruments modernes ne remplacent pas les instruments traditionnels tels que la"kamenjah", le "rebab" qui sont nécessaires à la propagation du patrimoine. Dahmane Benachour disait: "Chaque fois que je chante accompagné d'un piano, je ne trouve plus ma voix."
La musique classique algérienne se joue sur différents modes: le mode d'une Nouba "dil", le mode "ghrib", le mode "rami", etc.
C'est la musique des grandes occasions.Elle apporte calme et sérénité à toute personne qui l'écoute et sait l'apprécier.
Mme Boukort Faouzia.
Source: "La musique classique algérienne." Production R.T.A / Magazine "Tassili" 1995.
Si c'était un meuble, ce serait un téléviseur... branché sur TV5.
Si c'était un jeu, ce serait le jeu des lettres... sans les chiffres.
Si c'était un président, ce serait Bouteflika qui a si bien manipulé
le passé du subjonctif devant le sénat français.
Si c'était un livre, ce serait... un dictionnaire... français/français... comme anti-sèche.
Si c'était une arme, ce serait un porte-plume pour les anciens, et une brosse pleine
de poussière pour les nouveaux.
Si c'était une pièce de théâtre, ce serait "la leçon" de E.Ionescu.
Si c'était un roman, ce serait le temps qu'on a passé avec nos élèves.
Si c'était un habit, ce serait une blouse blanche ou rose, c'est selon.
Si c'était un animal, ce serait une souris qu'on a tellement sacrifiée en TP, ou celle
d'un ordinateur que l'enseignant ne possède pas.
Si c'était un chiffre, ce serait un zéro ou un vingt... Cela dépendra des humeurs et
des compétences du jour.
Si c'était un élève, ce serait... logiquement... le meilleur... en français.
Si c'était un rêve, ce serait de tout refaire, et toujours mieux faire.
SOUIG
A/ APPROCHE D'UNE DEFINITION :
1°) Comparaison de deux textes :
a) Comparaison quantitative.
b) La fidélité au contenu.
2°) Définition.
B/ LA REDACTION DU RESUME :
1°) Comprendre le texte cible : une démarche en quatre étapes.
a)_Comprendre globalement le texte
b)_Saisir globalement l'image du texte, son organisation, sa structure
c)_<![endif]>Ressortir les idées essentielles
- notions de mots clés et de mots outils
- idées essentielles, idées secondaires et exemples
d)_Faire apparaître l'enchaînement de ces idées
2°) Réduire le texte : quelques procédés.
3°) Conseils pour:
a)_résumer un texte informatif ou argumentatif.
b)_résumer un récit : nouvelle, roman, pièce de théâtre, film.
c)_fautes à éviter
A/ APPROCHE D'UNE DEFINITION:
1°) Comparaison de deux textes : Texte 1 :
C'est la révolution informatique. L'ordinateur est partout. Le voici qui entre dans notre foyer. Maxi, mini, micro, sous toutes ses formes, c'est une nouvelle de puissance de calcul pour chacun d'entre nous. Des ''assistants intellectuels'' capables d'écrire, de nous parler avec une voix humaine, de jouer des notes de musique, de dessiner des graphiques en couleur. Les ordinateurs ouvrent des horizons nouveaux et des applications à d'infinies variétés.
Nous sommes déjà familiarisés avec les ordinateurs capables de réserver des places d'hôtel ou d'avion, de préparer des relevés de compte en banque, de calculer les salaires dans une entreprise.
Aussi nombreuses que puissent être les marques sur le marché, les ordinateurs ont la même structure de base. Tous utilisent des programmes écrits dans des langages tantôt simples comme le Basic, tantôt plus complexes comme le Fortran ou le Cobol.
Mais l'informatique est encore chargée de mystère. Elle s'apparente aux mathématiques et rebute nombre de ceux qui désireraient s'y lancer. Il faut démystifier l'informatique. Un ordinateur n'est qu'un outil comme un autre. C'est pourquoi comprendre le fonctionnement, les langages qu'il utilise, les relations entre son architecture interne et un programme, permet de pénétrer dans le monde de l'informatique et de se familiariser avec l'avenir qu'il nous prépare.
La révolution informatique s'est faite en un laps de temps si court que l'on est aussi assailli, agressé même par un vocabulaire nouveau. Au détour d'une publicité, d'un article, d'annonces ou d'émissions télévisées, on est exposé à des termes étrangers comme ''cycle d'un ordinateur'', vitesses mesurées en '' nanosecondes '', capacité de mémoire en ''mega-octets'', mémoire vive, mémoire morte, mémoire centrale, etc. Ces termes sont inquiétants parce qu'ils sont nouveaux et non encore maîtrisés.
Une introduction simple à l'informatique doit permettre aujourd'hui à chacun de mieux comprendre et choisir
les voies vers lesquelles nous engage cette nouvelle technologie.
Sciences et vie ( numéro spécial sur l'informatique).
Texte 2 :
L'ordinateur, cet assistant intellectuel qui commence à envahir même nos maisons, nous permet d'effectuer plusieurs opérations.
Partout, ses applications quotidiennes nous sont déjà familières.
Les ordinateurs ont tous la même structure et utilisent les mêmes langages.
Cependant, ressemblant aux mathématiques, l'informatique décourage. Il faut la démystifier : l'ordinateur est un simple outil.
Si son vocabulaire inquiète, c'est parce qu'il est encore nouveau.
Une initiation simple à l'informatique permettra d'appréhender les possibilités de cette technologie moderne.
Lisez attentivement les deux textes : que constatez-vous ? Traitent-ils de sujets différents ? Quel est-il ? Où se situe la différence alors ? Comment appelle-t-on le texte 2 ?
a) Comparaison quantitative des deux textes:
Complétez le tableau qui suit en comptant le nombre de mots et de paragraphes :
|
Nombre de ... |
Texte cible |
Résumé |
|
Paragraphes |
|
|
|
Lignes |
29 |
10 |
|
Mots |
|
|
|
Caractères |
1771 |
496 |
Proposez une définition du résumé.
b) La fidélité au contenu :
Un résumé doit reprendre fidèlement le contenu du texte cible. Cette fidélité doit être d'abord visible au niveau de l'ordre des idées. Pour vérifier cet aspect, dressons le plan du texte cible et comparons-le avec l'ordre des idées dans le résumé. Voir Tableau 1 : Comparaison entre le plan du texte cible et le résumé.
|
Introduction |
L'ordinateur est partout. Il devient de plus en plus nécessaire. |
L'ordinateur, cet assistant intellectuel qui commence à envahir même nos maisons, nous permet d'effectuer plusieurs opérations. |
|
Développement Transition
|
Il a déjà envahi notre vie quotidienne. Les ordinateurs se ressemblent malgré la diversité de leurs marques. Mais l'informatique est encore chargée de mystère. Il faut la démystifier : l'ordinateur n'est qu'un outil plus ''intelligent''. Son vocabulaire inquiète parce que nouveau. |
Partout ses applications quotidiennes nous sont déjà familières. Les ordinateurs ont tous la même structure et utilisent les mêmes langages. Cependant, ressemblant aux mathématiques, l'informatique décourage. Il faut la démystifier : l'ordinateur est un simple outil. Si son vocabulaire inquiète, c'est parce qu'il est encore nouveau. |
|
Conclusion |
Une bonne initiation doit permettre de mieux appréhender cette technologie. |
Une initiation simple à l'informatique permettra de saisir les possibilités de cette technologie moderne. |
Une étude attentive de ce tableau montre qu'il est impératif que le résumé respecte l'ordre des idées du texte cible. Avant de procéder à la rédaction du résumé, il faut donc dresser le plan du texte cible.
B/ LA REDACTION DU RESUME:
1°) Comprendre le texte cible : une démarche en quatre étapes.
Première étape : comprendre globalement le texte :
Il faut d'abord s'efforcer de:
_ comprendre globalement le sens général du texte.
_ saisir les difficultés de détail.
Exercices:
1- <![endif]>Dites en une seule phrase le sens général de ce texte :
Le livre modeste et muet, le livre qui n'exige rien, qui se laisse abandonner, mutiler, oublier, le livre a toujours le dernier mot.
Il dépose dans l'esprit des germes dont rien ne peut avoir raison et qui, en dépit de la volonté même des préjugés de qui les accueille, se développent, vivent et finissent par modifier la forme même de cet esprit.
Issu des idées et des sentiments, le livre en crée à son tour d'autres qui aboutissent à d'autres livres, et ainsi de suite à l'infini, et la civilisation sans cesse modifiée par lui, n'est au bout du compte, que son reflet dans l'oeuvre des hommes. Il en est le père et le maître. Son pouvoir est essentiellement magique.
C'est pour cette raison qu'il a toujours inspiré aux tyrans une horreur si profonde qu'ils s'acharnent à le détruire... Mais le livre se rit de ces attaques, de ces colères. Il vit quand tous ses adversaires sont morts, toujours prêt à recréer un monde nouveau d'hommes libres, intelligents et heureux...
Francis de NIOMANDRE.
-Expliquez les mots soulignés dans le texte précédent, d'abord dans votre propre langage, ensuite en consultant le dictionnaire.
3- Reformulez dans votre propre langage les paragraphes suivants après avoir expliqué les mots soulignés.
a- le chemin de fer était générateur de déterminisme collectif. L'automobile ouvre la voie à un individualisme effréné.
( Jean FOURASTIE)
b- le développement de nouvelles technologies provoque de nombreuses peur parmi lesquelles le chômage, l'isolement et les inégalités sociales.
c- Avec des informations aussi partielles et aussi fugitives, l'homme moderne n'a pas plus de chance de comprendre le monde qui l'entoure que n'en ont eu nos ancêtres de comprendre la pesanteur avant Newton. ( Jean FOURASTIE).
Deuxième étape : saisir globalement l'image du texte.
Chaque texte est d'abord une image qui se présente, se découvre à votre regard. Il faut apprendre à saisir cette image, cette organisation, cette structure, ce plan. Il faut pour cela :
_ retrouver les points de repère matériels, visibles comme les titres, les sous-titres, références, alinéas, paragraphes, numérotations, .
_ découvrir les transitions : articulateurs ou paragraphes de transition.
_ Lyre le premier ensuite le dernier paragraphe.
_ Lire les débuts de chaque paragraphe intermédiaire.
_ Saisir les liens qui unissent les différents paragraphes.
Hamdaoui Dahri.
Echec scolaire et handicap.
Tout a commencé lorsqu'une parente d'élève est venue me voir pour me parler de sa fille: "Elle souffre de ladyslexie" m'a-t-elle avoué. Cette déclaration m'a fait replongé dans mes souvenirs, je me suis remémoré un des épisodes de la série "Bill Cosby Show".Le nombre d'élèves souffrant de dyslexie ou d'autres maladies qui sont à l'origine de l'échec scolaire est assez impressionnant pour en parler.
Qu'est-ce que la dyslexie?
C'est un trouble de l'apprentissage qui concerne la lecture et l'écriture. Il faut savoir que sans une bonne maîtrise du langage écrit, il est difficile de réussir à l'école. De ce fait, les enfants dyslexiques qui ont des capacités tout à fait identiques, parfois même bien supérieures à celles des autres en dehors de l'écrit, peuvent subir des échecs scolaires.
Comment éviter l'échec scolaire?
Il est primordial que l'enseignant comprenne les difficultés de l'apprenant et qu'il en tienne compte dans le travail demandé, car ce sont forcément des enfants qui demandent un peu plus de patience et d'attention et surtout de temps. Les enfants atteints de dyslexie ont besoin d'encouragement plus que les autres pour reprendre confiance en eux. IL est donc extrêmement important de ne pas confondre cette difficulté d'apprentissage avec un retard intelletuel ou un manque de volonté. Quant aux parents, ils doivent être particulièrement compréhensifs et disponibles car leur rôle est des plus importants. Ils doivent aider l'enfant à s'organiser et surtout à apprendre à avoir confiance en lui-même, en l'encourageant régulièrement.
L'enfant, lui, doit réaliser qu'il a des difficultés et doit redoubler d'efforts. IL faut qu'il réalise qu'il n'est pas moins intelligent que les autres. Il est appelé à mettre plus de temps dans le travail du langage écrit.
Comment résoudre le problème de la dyslexie?
Elle ne constitue pas un problème en soi. Elle ne devrait pas perturber l'éducation de l'enfant. Si l'anomalie est détectée suffisamment tôt et si l'enfant reçoit une aide psycho-pédagogique, il parviendra à surmonter ses difficultés de lecture et passer normalement ses examens. Chez l'enfant dyslexique, il est bon de mettre l'accent sur les activités et les aptitudes non verbales et d'insister sur le côté artistique et créateur de son développemen afin qu'il ne perde pas confiance. Il faut essayer d'introduire plus d'oral dans le processus d'apprentissage.
Quelques grands dyslexiques:
L'histoire est jalonnée de gens célèbres ayant été atteints de dyslexie et pourtant ils ont marqué leur temps. On peut citer: Albert Einstein, J.F Kennedy, Walt Disney, Stephen Spielberg, etc.
NAIR Djelloul.
COMMENT CONCEVOIR ET PRESENTER UNE FICHE DE LECTURE ?
1. Nom de l'auteur: Mouloud Maameri.
Titre de l'ouvrage: "L'Opium et le bâton."
Edité chez: Plon.
Lieu et date de parution: Paris, 1965
Nombre de pages: 381.
2. Sujet traité: la guerre d'Algérie, du côté FLN.
Ton: soutenu.
Genre: roman dramatique ( en prose).
Méthode: témoignage vivant d'un drame vécu: la guerre d'Algérie.
Résumé de l'oeuvre:
Pour le docteur Bachir Lazrak, le fait d'avoir étudié en France rend sa position ambigüe vis-à-vis de la guerre d'Algérie. Pourtant, par l'entreprise de son ami Ramdane il quitte Alger pour la Kabylie. Sa mission consiste à rallier la Wilaya II afin de réorganiser le service sanitaire. Il transite par Tala, son village natal. Là, il est confronté avec la dure réalité de la guerre: le village a beaucoup changé. Ali son jeune frère a rejoint les rangs de l'A.L.N, Belaid, l'aîné, par contre est du côté des français. Bachir est révolté par la lâcheté des habitants de Tala. Il apprend en outre que Ramdane a été arrêté par la police à Alger. Ceci précipite son départ pour la Wilaya III où il mène à bien sa mission.Lors d'un accrochage, il est blessé par l'ennemi, il doit quitter l'Algérie pour Larache (Maroc). De passage à Alger, ilest arrêté et conduit à la D.S.T pour subir un interrogatoire, mais il réussit finalement à se tirer d'affaire.
Arrivé au Maroc, il s'avère qu'il n'est pas apte à reprendre ses activités, il en profite pour visiter le pays etse reposer. Pendant ce temps, à Tala, la situation est dramatique pour la population civile. L'action psychologique des soldatsfrançais n'est pas concluante et l'armée sévit en employant la force (séduire ou réduire). A la fin de l'été, Bachir doitretourner en Algérie.
Tala: les villageois sont réunis sur la place: Ali leur héros est exécuté sous leurs yeux; à la suite de quoi le village estbombardé après avoir été vidé de ses habitants. Bachir est retourné à Alger, la guerre n'est pas encore finie.Le roman a été porté à l'écran, adapté et réalisé par Ahmmed Rachedi en 1970 avec une pléiade d'acteurs célèbres:Mustapha Kateb, Bachtarzi, Sid-Ali Kouirat, Fettouma, Jean-Louis Trintignant et Marie-José Nat.
CRITIQUE DU FILM:
"L'Opium et le bâton" a eu certes un grand succès populaire mais selon les critiques de cinéma, dans ce film, Ahmed Rachedi est tombé dansla facilité et aussi dans l'euphorie que procurent les grands moyens mis à sa disposition. Ce film allait nous servir les pires ficelles du film de guerre, du western de catégorie C et caricaturer, malgré le cinéaste, la lutte de libération nationale. Tous les poncifs, les clichés étaient au rendez-vous, sauf la qualité.
M.A. BENMESBAH.
Oran ma ville natale a célébré son nouveau centenaire et je ne peux taire son apport culturel à ses enfants "du sol" ou d'adoption. Comment ne pas s'enrichir dans une cité de brassages ethniques, culturels, linguistiques et confessionnels?
Ville bastion, ville tension, ville passion, ville libération, Oran s'enorgueillit du concept "multicolore/multi- culturel" avant l'hexagone d'en face, de la notion de tolérance qui dans les mémoires demeure bien ancrée et vécue par ses actuels "jeunes" quadra/quinquagénaires.
Les aléas de l'histoire, des occupations successives firent que ses enfants ouvrant leurs yeux à la veille de la libération et trouvérent normal qu'on y parlât arabe tout d'abord puis français puis espagnol.
Oran polyglotte.Oran don't les artères furent foulées par les Janissaires et les Deys venus du Bosphore, par les "Ximenes" arrivés d'une si proche Andalousie et parles troupes tricolores ouvrant le passage aux colons en manque de territoires.
Par la domination, la seule dénomination de nos rues, sites, quartiers, écoles, lycées, musées, hôpitaux, monuments, édifices est évocatrice de courants historico-culturels précis. Une ballade dans ma ville équivaut à la lecture d'encyclopédies.
Débarquant du "ville d'Oran" ou du "président du Cazalet" sur le quai du "Sénégal", non loin des doks de la compagnie "Charles le Borgne", vous quitterez le port, passerez près de la manifacture "Bastos" puis traverserez la place de la République et rejoindrez le boulevard Stalingrad pavé.
Le regard se porte naturellement sur le fort de Santa Cruz, sur la chapelle et sa Vierge, et sur notre Marabout protecteur de la ville.
En empruntant la rue Phillipe, vous raserez les murs ocres de la mosquée du Pacha pour découvrir enfin la place d'Armes avec sa Marianne, son hôtel de ville, son théâtre et son Château Neuf. De là, vous irez au lycée "Pasteur" par le boulevard "Gallienni" ou Camus le "pestiféré" aimait, d'une célèbre terrasse, admirer les Françaises "bas nylon" qui déambulaient en quête d'autres conquêtes.
Que de noms ! Que d'histoires !
Etre né ou avoir vécu dans cette ville avant l'indépendance, c'était découvrir par une curiosité enfantine bien naturelle un environnement enrichissant, car lui-même enrichi par les différents apports communautaires.
Voilà pourquoi aujourd'hui la sensibilité d'un étranger est incomparable avec celle d'un enseignant francophone des pays limitrophes. C'est sûrement la conséquence de laprésence prolongée de l'occupant.
Nous enseignons non seulement une langue, mais véhiculons consciemment ou inconsciemment une culture de par notre vécu qui ne manque pas de déteindre sur nos ouailles. Notre compréhension naturelle de notre langue maternelle, de notre culture, de nos traditions ainsi que de notre "bain linguistique" pris à notre naissance comme un "baptême" font que l'enseignant actuel du F.L.E perçoit plus finement, voir de manière charnelle les subtilités de la communication e cela ne s'acquiert pas dans les instituts mais dans les foules.
Quand on est né à la rue Wagram, quand on a usé ses fonds de culottes sur les bancs de l'école Ferdinand Buisson ou Jean Macé, quand sa première institutrice s'appelait Christine ou Françoise, comment ne pas être marqué d'une culture qui finit par suinter trois ou quatre décennies plus tard.
L'école coloniale étant ce qu'elle fut avec ses programmes orientés, j'ai découvert La Fontaine, Hugo, Zola, Stendhal, Poquelin, Voltaire et tous les autres avant El Moutanabi et El Farazdak !
J'ai aussi "visité" Chenonceau, Azay le Rideau, Les Tuileries, Versailles avant Timimoun et le M'zab.
Je devais aussi connaître la longueur de la Seine, du Rhône, de la Garonne, du Rhin avec les affluents et confluents avant le Chelif et tous nos indomptables et imétueux .oueds.
Je m'identifiais aussi aux Gaulois, aux Francs, j'admirais Jeanne d'Arc, Charlemagne avant de découvrir notre glorieux Emir, N'soumer, et nos héroïques cavaliers d'El Macta !
La langue francaise étant aussi un "butin", faisons qu'elle soit une langue d'ouverture, de découverte et de communication car nous en avons sans fausse modestie, les capacités. Ouvrons pour que nos enfants puissent, sans complexe aucun, s'exprimer dans des langues qu'ils maîtrisent et qui les enrichissent.
Notre environnement (rues, médias, documents, enseignement, enseignes,...) est propice à l'apprentissage du français F.L.E; sachons en tirer parti.
Mohamed Aziz Merdji.
Apprendre une langue étrangère, telle était mon ambition en ce
matin d'octobre où je pris mon inscription. A mon premier cours, je remis tout
mon savoir en question. Je venais de découvrir les techniques d'expression qui
allaient débloquer mon. imagination et faire de moi un apprenti poète.
Je m'initiais donc aux techniques d'investigations
littéraires. Comme j'avais raté deux cours, je fis naufrage avant d'atteindre
« Le Rivage des Syrtes » (1), ayant longtemps louvoyé entre la problématique et
la thématique de l'ouvre.
L'apprentissage est
dur, mais en apprenti sage, je recherchais la culture avec vaillance. Une
science aussi coriace que la linguistique allait contrarier mes projets et me
dévier de mes pensées : pourpre, mauve et parme ont toujours été pour moi de
simples synonymes, ils deviennent une variation libre.
C'est ce qui me hante chaque soir dans ma piaule enfumée quand
je ressasse mes leçons.
Heureusement que
l'enseignement de la sociologie me fournit de nouvelles informations.
Les femmes primitives avaient bon goût : elles vivaient
de cueillettes et faisaient des bouquets de violettes, de lilas et de
.pensées.
Leur parfum me monte à la tête et me
fait oublier la valse des virgules, des accents et des
majuscules.
ABBOUB. A.
_________________________________________________________________________________________
(1) « Le Rivage des Syrtes » : ouvre de Julien
GRACQ, au programme de 1ère année de Français dans les années
80.
Un matin d'été, dans un des quartiers populaires de la ville, et sous un
soleil de plomb, un jeune charretier vêtu de jeans sales, d'une chemise à
manches courtes laissant entrevoir un torse maigre, bruni par le soleil de tous
les jours, et des sandales dont on ignore la vraie couleur tant elles étaient
usées et tant elles avaient servi. Il criait d'une voix éraillée en vantant sa
marchandise et en maudissant son ânon, une bête cadavérique, épuisée, qui
traînait péniblement une charrette sur laquelle s'amoncelait une montagne de
légumes. La pauvre bête, essoufflée, n'en pouvant plus, s'arrêta tout d'un coup,
sous l'ire du charretier, qui sans hésiter, prit un gros bâton et lui assena des
coups aux reins pour la faire avancer. Des coups vains qui résonnèrent comme
dans un tambour crevé. L'ânon, au lieu d'obtempérer, comme d'habitude, ne
bougea plus, et les coups pleuvaient à nouveau, accompagnés d'insultes et de
crachats. Le petit animal, las et résigné s'immobilisa.
Non loin de là, passait une autre charrette que traînait
vigoureusement un autre baudet, Imar, une bête vigoureuse, une vraie force de la
nature. Un bel animal. Robuste. Fougueux. Insouciant comme tout âne certes,
mais très alerte. La carriole qu'il tirait ne pesait guère lourdement sur son
dos. Il s'amusait même des fois, pour taquiner son maître, à faire tanguer la
charrette de droite à gauche, et cela faisait tomber quelques légumes; ce qui
énervait le charretier. De temps à autre, celui-ci levait son bâton, faisant
mine de le frapper, mais s'exécuta rarement. Il y avait une certaine complicité
entre eux. Pour le calmer, il lui donna une poignée d'orge qu'il cachait dans sa
poche pour l'occasion. Il savait qu'un âne est un âne. Il n'y a pas plus
têtu.même une mule. Il peut s'exécuter pendant des éternités, mais lorsqu'il
décide de dire non, eh bien, c'est non!
Imar
continuait son manège. Tout d'un coup, les coups de trique que le petit âne
recevait sur son corps si frêle, attirèrent son attention. L'ânon poussait des
gémissements plaintifs et respirait bruyamment. Chaque coup lui fit perdre
l'équilibre, et il sentit le sang gicler de son corps meurtri. Les deux barres
de métal qui l'attachaient au chariot et les lanières de cuir qui lui lacéraient
les flancs le gênèrent dans ses mouvements. Il sentit la syncope arriver et
s'affala par terre. Les légumes roulèrent dans tous les sens; et le propriétaire
de l'ânon, fou furieux, se rua comme un forcené sur lui, pour l'achever. Ne
pouvant résister à tout cela, Imar, prit de pitié et de compassion, se redressa
sur ses quatre pattes, faisant balancer la charrette dans toutes les directions
pour s'en libérer. Il y réussit en un tour de "patte". Il bondit en poussant des
braillements qu'on entendit à des milliers à la ronde. Fou de rage, il s'élança
vers le méchant charretier qui n'en finissait pas de battre le pauvre ânon. Il
le mordit à pleines dents aux fesses. Le charretier surpris, se retourna pour se
défendre, leva sa matraque en sa direction pour lui porter un gros coup. A ce
moment, Imar virevolta, et d'une franche ruade à la poitrine, l'envoya rouler
par terre. Des jeunes gens qui étaient aux alentours arrivèrent en criant pour
venir au secours du méchant charretier. Les uns tenaient des bâtons, les autres
lançaient des pierres sur Imar en vociférant: "Attrapez-le! Attrapez-le! Ce
maudit âne est devenu fou! Finissons-le!". Imar, sentant que les humains ne lui
pardonneraient jamais de s'être attaqué à l'un des leurs, prit la poudre
d'escampette, sans demander son reste.
Dans sa
fuite, il rencontra sur son chemin beaucoup d'autres ânes traînant
tranquillement d'autres charrettes. Il vint se plaindre à eux, en les suppliant
de se joindre à lui, pour mettre fin à leurs affres et souffrances, mais ne
récolta que l'indifférence totale et des coups de la part des
charretiers.
Aucun autre âne n'a eu la moindre
pitié pour lui ou a répondu à ses plaintes.
Il
courut, courut jusqu'à épuisement. La horde qui le poursuivait s'abattit sur
lui. Imar savait ce qui l'attendait. Résigné, abattu, épuisé, il s'affala au
pied d'un mur et attendit le coup de grâce. La meute ne fut guère clémente pour
lui. Des pierres, des coups de trique, des coups de fouets. Avec le peu
d'énergie qui lui resta, il donna quelques ruades et mordit quelques chaires.
Mais les coups se multiplièrent. Avec un stoïcisme exemplaire, il les sentit lui
déchirer, lui lacérer, lui brûler le corps. Il ne pensa qu'à l'ânon, qui en ce
moment était sûrement tranquille, et que son âme libérée de toutes les
souffrances de la terre et des humains, serait certainement plus sereine dans un
monde meilleur. Seules des larmes coulèrent de ce qu'il lui restait d'yeux; des
larmes chaudes, ensanglantées, qui montrèrent toute la déchéance et le désespoir
d'une certaine catégorie animale. Il voulut mourir pour rejoindre le petit
âne.
A ce
moment, il entendit la voix qui lui était si familière crier: " C'est mon âne!
C'est mon âne! Laissez-le tranquille. Vous l'avez assez battu pour ce qu'il a
fait. Vous n'allez pas le tuer tout de même? Il les suppliait. Rien n'en fit. Il
s'interposa alors entre lui et les coups, et en reçut même quelques-uns qui
faillirent l'assommer. Une fois leur colère assouvie, les gens s'en allèrent.
Imar devina la main rugueuse de son maître le caresser et lui panser ses
blessures. Et pour la première fois, il mit sa tête contre celle de son ami et
pleurèrent ensemble.
SOUIG
Un collègue raconte
qu'en début d'année, il avait un élève qu'il avait déjà eu l'an précédent: très
sérieux, très studieux et discipliné. Exemplaire. Mais cette année, il est
devenu méconnaissable: turbulent, paresseux et indiscipliné. Un vrai poison en
classe.
Le prof en toucha un mot aux autres
collègues qui s'étonnèrent à leur tour et tous tombèrent d'accord: le gosse a
changé complètement: le docteur Jekyll s'est transformé définitivement en M.
Hyde! Sans perdre un instant, ils convoquèrent les parents pour s'enquérir de
tout cela. Ceux-ci répondirent à l'appel et affirmèrent que c'était la première
fois qu'ils étaient appelés à cause de leur fils. "Quelle honte!"
s'exclamèrent-ils.
De fil en aiguille, on sut
finalement le pourquoi de la chose: les parents ont refusé -faute de moyens-
d'acheter à leur fils des espadrilles "Reebok". Il leur a promis de leur rendre
la vie difficile. à eux ainsi qu'à ses profs, s'ils ne se pliaient pas à ses
exigences. Et il a tenu sa promesse. Chantage d'adolescent!
En fin de compte, les parents, confus et résignés s'inclinèrent:
une chute plutôt qu'une inclinaison: 8000 DA! La moitié du salaire du paternel.
Le "mesrouf" de 15 jours! Qui dit mieux?
Le père,
en nous quittant, nous lança d'un ton plein d'amertume et de colère:"Je dois me
sacrifier pour l'instruction de mon fils. Moi j'ai pas eu l'occasion de
fréquenter les bancs d'école. Mais si par malheur il ne passe pas en classe
supérieure, je lui ferai bouffer sa "sberdina"; et je vous promets qu'il la
bouffera jusqu'au cordon!"
SOUIG
Kilam Neb,
généticien de renom, s'apprête à partir pour la Mosalie après avoir obtenu un
crédit pour le financement de son projet qui consiste à implanter des graines
transgéniques présentant des caractères nouveaux de résistance à la sécheresse.
Cette découverte est le fruit de tant d'années de manipulation dans les
laboratoires du SNRS.
Kilam n'est pas au bout de
ses peines car il faut désormais semer ces graines dans une terre expérimentale,
achetée par une partie du subside, à Gamochio la capitale de la Mosalie et
attendre le résultat. Ce qui explique le sentiment d'angoisse qui l'envahit
quoique fier de pouvoir essayer d'apporter ne serait-ce un bien être à un pays
meurtri par la misère, la famine et les guerres ethniques.
Aussi ce projet représente- t-il un défi à la nature peu clémente
pour les autochtones de ce pays et un pari contre ses collègues trop
sceptiques.
Le commandant de bord annonce
l'imminence de l'atterrissage à l'aéroport de Gamochio et rappelle que le
mercure atteint les 47°C ce qui ajoute à l'inquiétude de Kilam. En effet, ouvrer
dans un tel climat exige de l'homme non seulement de la patience, mais des
efforts surhumains.
A l'aérogare, il fut
accueilli par ces deux amis et collaborateurs N'jobo et Talabo. Le premier est
agronome, l'autre est médecin et membre influent d'une confrérie. D'ailleurs, sa
participation à l'entreprise fut précieuse et c'est grâce à lui que les
autorités ont accepté de vendre à un étranger une parcelle de terre appartenant
au domaine.
- Bonjour mes amis, quelle joie de
vous revoir en si parfaite santé !
- Bonjour
docteur, répondent-ils presque en même temps, le bonheur est partagé.
- J'ai reçu votre télégramme il y a de cela deux
semaines et vous me faisiez part d'un problème sans aucun détail. Je voudrais
savoir de quoi il en retourne .
- Et bien Dr,
répond Talabo, le terrain en question a été squatté par des réfugiés venus du
sud du pays, ils sont environ une cinquantaine. Pour des raisons humanitaires,
les autorités ont refusé de les déloger prétextant qu'ils n'ont pour l'instant aucun endroit où ils peuvent les installer et
que le terrain s'y prête bien pour planter les tantes. Mais rassurez-vous, nous
pensons qu'un compromis peut être trouvé et c'est une question de quelques
jours. D'ailleurs, nous avons rendez-vous avec le gouverneur Tchulumba cet
après-midi.
- Fichtre ! ce n'est vraiment pas de
chance, déclare Kilam, le temps presse et nous n'avons pas le luxe d'attendre
car les graines doivent être semées avant qu'elle ne perdent leur capacité de
résistance.
- Je le sais, rétorque N'jobo, mais
que faire surtout que l'administration dans ce pays est tatillonne.
- Je désire avant tout me rendre sur place et constater
de moi-même ce qui se passe avant l'entrevue avec le gouverneur.
- Très bien. Prenons ma jeep qui est garée tout près
d'ici, propose N'jobo
Arrivé sur les lieux, Kilam
est horrifié par l'état d'indigence dans lequel se trouvent les réfugiés. A la
vue de l'étranger, un vieillard escogriffe en haillon s'approche nonchalamment
et avec assurance des trois hommes.
- Que la
paix soit sur vous ! Messieurs.
- Que la paix
soit sur vous aussi, répondent l'un après l'autre les trois hommes.
- Nous venons du sud, nous avons abandonné notre village
; enfin ce qui restait, à cause de la famine. Nous avons tout perdu : terres,
bétail et même notre dignité en tant qu'humain.
-
Je suis au courant. Je compatis sincèrement à votre malheur., dit Kilam très
gêné.
- Merci monsieur, interrompt le vieillard.
Voulez-vous prendre du thé avec moi et mes coreligionnaires ?
Les quatre hommes pénètrent dans un abri de fortune construit avec
quelques morceaux de bois trouvés sur place et s'assoient à même le sol. Cinq
hommes les suivent et se joignent à eux. Kilam observe silencieusement une femme
d'âge mûr, sympathique avec un visage anguleux et frêle qui prépare le thé en
faisant bouillir une eau douteuse sur un amas de bois incandescent.
Le vieillard rompt le silence en s'adressant à Kilam
d'un ton calme et serein :
- Je voudrais,
monsieur, en mon nom et celui des miens vous présenter mes excuses pour avoir
occupé illicitement votre terre, mais croyez-moi cela est vraiment indépendant
de notre volonté. Ce sont les autorités qui nous ont acheminé jusqu'ici et c'est
par la suite que nous avons été mis au courant de votre intention d'exploiter
cette terre. Selon les informations que je détiens, nous devrons la quitter
d'ici quelques jours.
- Oui, c'est cela. Mais
voyez-vous, le problème c'est que je n'ai pas beaucoup de temps. Je dois
absolument faire les premiers essais.
Kilam
explique longuement en quoi consiste l'essai et essayant, sous le regard ahuri
des hôtes, de vulgariser au maximum les données scientifiques en se faisant de
temps en temps traduire par N'jobo.
Je n'ai pas
tout compris, mais que Dieu soit avec vous et qu'il vous aide à concrétiser
votre souhait.
Kilam et ses amis prennent congé
et promettent au vieux de trouver un dénouement honorable à leur problème. Sur
le chemin du retour, Kilam reste silencieux et pensif pendant que N'jobo et
Talabo échangeaient des propos dans leur langue. Soudain, Kilam les interrompt
et leur demande à qui appartient le hangar qui se trouve à proximité du terrain.
D'après Talabo, une société étrangère dont le siège est à Gamouchio avait pour
projet de construire une usine de textile, mais pour des raisons conjoncturelles
très difficiles, le projet fut annulé.
Le
lendemain, Kilam se rend au siège de la société et réussit d'une manière
péremptoire à convaincre le directeur de mettre à la disposition des réfugiés le
hangar en souffrance pour servir d'abri à ces quidams.
Sitôt entré à l'hôtel, il contacte ses associés en les invitant à
le retrouver sur le terrain pour commencer l'opération d'emménagement des
expatriés et qu'il a en outre d'autres propositions à soumettre au vieil
homme.
Le vieillard écouta attentivement Kilam
qui lui propose de l'associer lui et les autres au projet moyennant nourriture
et eau potable. Il lui laisse le soin en tant que chef de tribu de choisir des
hommes disponibles pour ensemencer les graines de blé mutantes.
Le vieil homme, avec un sourire narquois, fait remarquer à Kilam
que c'est un honneur pour lui et ses compatriotes d'y participer.
Kilam rentre à Paris en laissant le soin à Talabo et
N'jobo de superviser l'opération sans oublier de leur faire les dernières
recommandations d'ordre technique sans quoi le projet serait voué à
l'échec.
Quelques mois après, Kilam retourne en
Mosalie et n'oubliera jamais cet instant où arrivé sur les lieux, il découvre le
spectacle nouveau de cette terre transformée et ne doute pas du bouleversement
que ces graines de vie vont provoquer dans ce pays
Bentouati Abdelmalik.
Ce texte, écrit en
décembre 1980 était à l'origine un exercice d'expression libre dont l'objectif
était le réinvestissement des connaissances acquises en TEE ( Techniques
d'Expression Ecrite ) , avec manipulation de concepts du genre matériosélecteur,
idéosélecteur, sens institué, etc.
Le résultat
fut désastreux pour moi, car je me suis fait cintrer par l'enseignant qui
n'appréciait guère l'humour cinglant d'un potache « acnéïque »
Je le confiais alors aux rédacteurs de la revue
estudiantine de l'époque.
Les étudiants de l'
I.L.V.E. ( Institut des Langues Vivantes Etrangères ) de l'Université d'Oran
Es-Sénia avaient une revue qui s'appelait « El Kalima » : un espace babelien
ou s'entrechoquaient les mots dans une douce cacophonie plurielle.
La revue eut des moments de gloire, éphémères certes,
mais porteurs d'espoirs, brillant de mille feux d'une jeunesse insouciante mais
avide de s'exprimer librement, bien avant le bouillonnement d'Octobre 1980.n
fouinant dans mes souvenirs, je l'ai retrouvé, avec quelques rides et la patine
des ans en plus , mais toujours intact et d'actualité.
Entre-temps l' ILVE a déménagé de la Sénia, perdant en cours
de route son « V » pour devenir I L E tout court.
Institut de Langues Etranges ou Institut des langues. Enroulées
(sur elles- mêmes ). Pour ma part, je donne ma langue à un chat.persan !
Le F L E est-il passé par là, ou bien continue-t-on d'y
ronronner les sirupeuses mélopées qu'on nous servait déjà dans les années
80.
Silence ! On dort.
Abdelkader ABBOUB.

PRODUCTION DE TEXTES DE
LECTURE ET EXPLOITATION AU SERVICE DU SENS:
-
Compétences attendues en lecture au terme de chaque année.
- Inculquer les comportements de lecture autonome.
- Passer d'une lecture scolaire privilégiant les
exercices systématiques d'acquisition à des activités sur la fonction sociale de
la lecture.
PROGRESSION:
- Lire ( maîtriser les mécanismes de base de la lecture à des fins
de compréhension).
- Lire mieux ( améliorer la
qualité et la vitesse de lecture).
L'APPROCHE DES
IMAGES DU TEXTE:
Il suffit d'examiner le
comportement des enfants qui ne savent pas encore lire et qui feuillettent un
livre pour se rendre compte que le texte leur apparaît comme une image parmi
d'autres, une à déchiffrer à la lueur du contexte iconique. Pour les adultes qui
lisent une annonce publicitaire, un tract ou le journal, le premier contact est
également une image que leur renvoie le texte à décrypter. En langue étrangère,
on s'appuie bien volontiers sur « l'image du texte », pour accéder au sens du
document et de le faire appréhender aux apprenants. Cependant, le mot image a de
nombreuses significations. On peut parler d'image globale du texte quand il
s'agit de la forme du document dans son ensemble, de micro image quand il s'agit
d'un simple signe linguistique ( un signifiant).
CONSEQUENCES PEDAGOGIQUES:
Moins
l'on connaît la langue d'un texte qu'on essaie de lire, plus il nous apparaîtra
d'abord comme une image, puis comme un emboîtement et une superposition de
plusieurs images. Ainsi, dès les premières tentatives de lecture, il nous semble
nécessaire d'insister sur le repérage d'indices pertinents. C'est la raison
pour laquelle l'exploitation des textes doit se faire comme une observation
d'image. Le rôle de la typographie est essentiel car il contribuera au repérage
des articulations d'un texte et de son cadre. L'approche image globale permet
par la suite le dépouillement linéaire mais non exhaustif pour orienter ensuite
les stratégies de découvertes de sens qui se fondent sur l'habitude de lire.
Nous pouvons, par conséquent, résumer en affirmant que pour former des enfants
lecteurs, il faut les soumettre à un processus de découverte du texte, le
schéma de communication en poursuivant par le repérage d'indices formels en
conjugaison, grammaire, orthographe, vocabulaire et en concluant par le plus
important en comprenant après avoir mis au service du sens du texte toutes les
acquisitions antérieures ( activités de langues).
Mmes GOURARA NADIRA & BELHADID
HAFIDA.
Meursault, le
narrateur est un jeune et modeste employé de bureau habitant Alger. Un matin, il
reçoit un télégramme lui annonçant le décès de sa mère. Il obtient un congé. A
son arrivée à l'asile où séjournait sa maman, le directeur lui annonce que
l'enterrement religieux est fixé au lendemain matin. Lors de la veillée,
Meursault ne donne pas l'impression d'être triste ; il ne verse aucune larme.
L'enterrement lui paraît interminable et la chaleur insoutenable. Meursault
enterre sa mère sans larmes et ne veut pas simuler un chagrin qu'il n'éprouve
pas.
A son retour à Alger, Meursault rencontre
Marie, une ancienne collègue avec qui, il passe d'agréables journées. Son voisin
de palier Raymond Sintez l'invite à venir « manger un morceau » avec lui. Ce
voisin a mauvaise réputation ; il lui avoue d'ailleurs, lors du dîner, qu'il
s'est battu avec le frère d'une femme qu'il entretient et qu'il veut punir pour
tromperie et demande à Meursault de lui écrire une lettre pour la faire revenir
et l'humilier. Meursault rédige la lettre. Raymond lui est reconnaissant.
Un dimanche, Marie, Meursault et Raymond prennent
l'autobus pour se rendre chez Masson qui les attendait en compagnie de sa femme.
Ils ont un cabanon près d'Alger. Pendant que Marie aide madame Masson, les trois
hommes vont se promener sur la plage où ils aperçoivent deux arabes. Une dispute
éclate. Raymond frappe un des deux types et Masson s'occupe de l'autre.
Meursault ne prend pas part. Raymond est blessé car l'un des arabes avait un
couteau. Le soir, le même scénario se reproduit , mais cette fois c'est Raymond
qui provoque son adversaire. Meursault, par précaution, oblige son ami à lui
remettre son revolver. Les deux arabes se retirent. Quelques heures après,
Meursault éprouve le besoin de revenir sur la plage. Il se dirige vers la source
pour se rafraîchir. Et là, devant lui se dresse l'Arabe. Il prend peur et serre
le revolver dans sa poche. L'Arabe sort son couteau. Meursault, pris de
panique, vide le pistolet sur lui.
Meursault est
arrêté et subit plusieurs interrogatoires. On lui désigne un avocat d'office.
Toutes les questions de son défenseur ainsi que celles du juge d'instruction
portent sur les sentiments qu'il avait pour sa mère. Les propos sincères et
naïfs de Meursault gênent les deux parties. Il ne manifestait aucun regret. Il
est enfermé avec d'autres prisonniers et très vite il comprend que la situation
est grave.
Son procès se déroule au mois de
juin. Toute l'instruction, puis maintenant le débat porte sur son comportement
le jour de l'enterrement de sa mère. Il est accusé de n'avoir pas versé une
larme pour elle, d'avoir une liaison irrégulière avec Marie, d'avoir écrit une
lettre à Raymond sachant qu'il était souteneur et qu'il a fourni de ce fait un
témoignage de complaisance en sa faveur; d'être le complice de Raymond et que
son crime était crapuleux.
Meursault comprend que
les choses vont mal pour lui. Il se sent exclu. Il était étranger à son propre
procès. La cour le condamne à mort. Dans sa cellule, il pense à la mer, à Marie
qui cesse de lui écrire. Il se sent soulagé malgré tout
.CAMUS ALBERT : Ecrivain français né en Algérie en 1913.
Auteur d'essais ( le
mythe de Sisyphe)
Auteur de romans ( l'Etranger,
la Peste )
Auteur de pièces de théâtre (Caligula, les Justes)
Prix Nobel de littérature en
1957
Mort
absurde en 1960 dans un accident de voiture dont il était passager
Albert Camus : « Pour que tout soit consommé, pour
que je me sente moins seul, il me restait. à souhaiter qu'il y ait beaucoup de
spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de
haine. » extrait de « l'Etranger »
Voici ce qu'en
écrit Camus en 1955 dans la préface à l'édition américaine:
« J'ai résumé l'Etranger, il y a très longtemps, par une phrase
dont je reconnais qu'elle est très paradoxale. Dans notre société, tout homme
qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort. Je
voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue
pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en
marge dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est
pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura
cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux
intentions de son auteur, si l'on se demande en quoi Meursault ne joue pas le
jeu. La réponse est simple, il refuse de mentir. Mentir, ce n'est pas seulement
dire ce qui n'est pas. C'est aussi, c'est surtout dire plus que ce qui est et,
en ce qui concerne le cour humain, dire plus qu'on ne sent. C'est ce que nous
faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement
aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu'il est, il refuse de
masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande
par exemple de dire qu'il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il
répond qu'il éprouve à cet égard plus d'ennui que de regret véritable. Et cette
nuance le condamne. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme
pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombre. On ne se tromperait
donc pas beaucoup en lisant dans l'Etranger l'histoire d'un homme qui, sans
aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. »
NAIR D.
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LA GUERRE Toi la guerre ! |