PEDAGOGIE /  LIRE ET COMPRENDRE  /   Par Gourara Nadira & Belhaddad Haféda

 

L'acte de lire : lire, c'est faire du sens et non des sons. Lire c'est d'abord chercher, interpréter des indices dans l'écrit et émettre des hypothèses.
Lire c'est :

1. Parcourir des yeux ce qui est écrit ou imprimé en prenant connaissance du contenu (lire une lettre). L'acte de lire consiste essentiellement à balayer le texte des yeux, à prélever des informations, les mettre en réseau dans le but de construire, de produire du sens.

2. Prononcer à haute voix un texte écrit (lire un discours).

On lit pour autrui. C'est une lecture qui nécessite d'abord une lecture visuelle silencieuse avec attribution du sens.

Le texte est dit et non lu. Deux activités caractérisent la lecture à haute voix :

- Balayer le texte et à prélever des indices.

- Dire le texte.

3. Identifier les lettres et les assembler pour comprendre le lien entre ce qui es técrit et la parole.

Lire c'est déchiffrer. Ici le déchiffrement consiste à transformer le message écrit en message sonore.

La compréhension suit l'oralisation (subvocalisation) du texte au lieu de la précéder.
Pénétrer le sens, grâce à des s
ignes que l'on interprète.

  4. Le   support   qui contient les informations intéressant       la lecture, est autre chose qu'un texte (carte, dessin, photo, plan,          etc.). II peut être mixte(affiche, journal illustré, etc.). Dans ces cas, le texte n'est pas exclusif. Très   souvent,   il devient         accessoire. Pour l'approche du texte, on n'est pas  tenu à se soumettre à la linéarité du texte.

Conclusion :

La pratique systématique du déchiffrage devient un acte purement mécanique et stérile s'il se prive du sens, but ultime de l'étude lexicale.L'approche globale stricte n'est pas efficace si elle ne s'accompagne pas d'un travail sur la combinatoire.

Les classes qui obtiennent les meilleurs résultats en lecture sont celles où les apprentissages code et accès au sens sont menés de front.
Variétés des pratiques de lecture :

On parle de stratégies de lecture pour désigner la manière avec laquelle on lit un texte. On peut distinguer :

a.  La lecture intégrale : c'est une lecture linéaire qui débute avec le premier mot et s'achève avec le dernier.
b.
La lecture balayage : elle consiste à parcourir des yeux un texte et à prendre connaissance de l'essentiel (le journal par     exemple).
c.
La lecture sélective : elle est mise en œuvre lorsqu'il y a nécessité de recherche (consulter un annuaire téléphonique, un     programme de télévision, etc.). Le lecteur sait au préalable ce qu'il veut trouver.
d.
La lecture-action : c'est une lecture qu'adopte la personne occupée à réaliser une action, à partir d'un texte contenant des     consignes (lire pour faire, pour fabriquer, pour agir). Cette lecture discontinue se caractérise par des mouvements de     va-et-vient entre le texte et l'objet à réaliser.


DECOUVRIR LE PAYS.   /  TLEMCEN  /  Par Boukortt Faouzia.

 

 

Il y  a  en    Algérie    des icontrastes  géographiques  très marqués. Découvrons ensemble 1' une de  ses  régions  très  riche  en histoire : la wilaya de Tiemcen ou Tilimcen . Tiemcen est le chef lieu. Située au sud-ouest d'Oran,  la richesse de  son  sol  et son abondance en eau ont en fait un   lieu idéal pour  l'implantation des cités. C'est ainsi  que les Romains ycréèrent " Pomarie ", les Kharidjites: "Agadir "  et  les Almoravides:" Tagrart " (ou El Mourabitines) Sous le règne des Abdaiwadides
(1232-1516), elle fut la capitale d'un royaume musulman, rivalisant d'éclat et de prospérité avec Fès, Grenade, Tunis, Damas, etc.

De cette  période Tlemcen garde l'architecture   à   haute  valeur des  mosquées de Sidi Boumediene, Sidi  Halaoui,  Sidi  Yakoub...  Elle garde aussi l'artisanat riche et varié représenté     par la dinanderie,   la   tapisserie,   la broderie sur soie et sur velours ainsi que par le tissage.

La   wilaya  de  Tiemcen  c’est aussi Ghazaouet,  précédemment appelée" Nemours " en l'honneur du second fils du roi  Louis-Philippe  en 1846. Cet important   port de pêche de la wilaya est  situé   sur l'emplacement d'un ancien comptoir phénicien  puis romain. Il continue à jouer le rôle  de principale  embouchure de la wilaya. Il  est  en  train  de s'élargir avec l'ouverture  de  la gare  maritime  qui   assure   le transport   des   voyageurs   vers Alicante  et Marseille. Ses belles plages "Sidi Ouchâa", "Oued   Abdallâh"... attirent chaque   été   des   milliers   de visiteurs.

A   300   mètres au nord de la pointe  ouest, deux  rochers pittoresques : " Les Deux Frères " se dressent  verticalement  comme deux  pyramides jusqu'à 24 mètres au dessus de l'eau. A 100 mètres  environ  de cette même pointe se trouvent encore deux  autres rochers de forme tabulaire, émergeant à environ cinq mètres de hauteur:" Les Deux  Sœurs". Ils font la fierté des Ghazaouis.
Dans la wilaya,
  il  y  a  aussi  Nedroma vieille cité numide, grand pôle  de  la musique andalouse qui  vit naître le chantre Ben Achour et 1'actuel Hadj Mohammed Ghaffour aux voix  si  envoûtantes. Tout Nedromi  vous parlera de la « Tarbiâa »,    se  trouve  la grande mosquée construite par les Almoravides en 1081 et son minaret 1348  qui  doit  être  rénové.  Le palais Sidi Soltane construit par Abdelmoumène en 1160 se trouve au quartier   Kasba   au   sud   de l'ancienne ville.  Le Makame Sidi Bouali vient d'être rénové.

Ces trois villes aux coutumes identiques se distinguent les unes  des autres par leur parler très typique.


OPINION  /  IMPRESSION D'UNE ENSEIGNANTE  /  Par Habbèche Nedjma Houria

 

 

  Nous sommes-nous, un jour demandé pourquoi nous ne réagissons plus ou peut-être mois, sans souffrances de notre entourage ? Ce comportement est probablement le résultat d'une suite de pressions que nous n'arrivons point à supporter.Ce n'est pas un constat « amer » que je fais, la situation actuelle de l'enseignant me préoccupe. Dans le lieu de travail, le bien-être, l'harmonie, la solidarité ne régissent plus nos rapports. Nous ne nous écoutons de moins en moins, seul l'intérêt personnel prime, malheureusement au détriment de certaines valeurs, combien oubliées et parfois même bafouées.

   Nous blâmons nos élèves quand ils font preuve d'individualisme, nous devrions, au contraire, nous corriger, bien avant. Il est temps de savoir se remettre en question car, finalement ce n'est pas ce qu'on possède qui compte le plus, mais ce qu'on est au fond. Il faut « éradiquer » l'égoïsme et l'égocentrisme qui prennent, désormais de l'ampleur. L'esprit de groupe, l'esprit collégial (sans aucun sens péjoratif) est l'unique antidote et l'unique salut à notre « mal » qui nous ronge et qui pourrait perdurer si nous ne réagissons pas.

   Réunissons-nous dans un cadre sain. Transcendons. Apprenons à pardonner, à reconnaître nos torts, sans aucun complexe, afin de nous aimer les uns les autres, n'invoquons pas de prétextes justifiant nos actes ; la force de caractère ne signifie point rabaisser son semblable mais être humble, lorsque les autres ne le peuvent pas. Il ne s'agit plus de s'autoproclamer « le meilleur », les superlatifs nous encombreraient si nous devions les citer. La culture, en fait, ce sont toutes ces qualités réunies chez une personne. Les grands hommes, à travers l'histoire ont, de tout temps, étaient modestes et d'authentiques conciliateurs.

   Apprenons à nous contenir pour vivre harmonieusement, en société, à nous surpasser sans
empiéter les plates- bandes d'autrui, à dépasser les passions.

 Je cite, en guise de conclusion Rudyard Kipling :

Si tu peux rester peuple, en conseillant les rois,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront 

Tu seras un homme, mon fils. 


OPINION/ LES ENSEIGNANTS FORMENT-ILS UNE COMMUNAUTE?/ Par Merine Kheira

 

 

   Peut-on parler de la  communauté des enseignants chez nous? Si l'on considère que  l'ensemble vit, sur le plan professionnel les mêmes conditions (ou presque) de travail, accomplit les mêmes gestes, finit par avoir le même tic, on pourrait se hasarder à vouloir y voir une sorte de communauté.

Selon les anthropologues, toute communauté, ou tout groupe social possède des rites qui les distinguent des autres. Dans ce cas-là, quels sont les nôtres ? nous autres enseignants ? Autrement dit, qu'est-ce qui pourrait nous permettre de nous distinguer des autres ensemblesprofessionnels ?

   Avons-nous une manière à nous de nous saluer ? Un jargon qui nous soit propre ? Des signes extérieurs qui nous permettent de nous reconnaître (tels que des insignes comme ceux des médecins, des logos etc....) ?

   Hélas , nous n'avons rien de tout cela. Quand on pense que c'est nous qui apprenons à nos enfants à communiquer, à identifier tous les signes permettant, soit de faciliter la communication ,soit de la prévenir ou mieux la penser. Que faisons-nous pour communiquer entre nous ? Notre profession est la seule où la hiérarchie est bannie ( celle-ci est laissée au soin des administrateurs) nous avons le même statut social ( enseignant, éducateur) quelque soit le cycle ou le pallier dans lequel nous exerçons. Pourquoi ce mutisme ? Pourquoi cette absence ?
   Et pourtant, nous nous comprendrions si bien, pour peu que nous voudrions aller l'un vers l'autre et bien matérialiser notre univers, toujours effacé, absent de tous les débats, si ce n'est pour servir de lieu de dénigrement.


 NOUVELLES FABLES  /  CHADI, LE GOUVERNEUR.  /  Par Souig Mohamed Saoudi.

 

 

   Un jour, le roi Malik, un lion loyal, très autoritaire et très craint, se sentit un peu fatigué par son règne et toutes les affaires du palais qui n'en finissaient pas, décida de partir en voyage pour se reposer un peu et aussi pour rendre visite à des cousins qu'il n'avait pas vus depuis des lustres. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas pris de vacances. Il n'envisagea même pas de laisser un de ses vizirs le remplacer, tellement il était serein et confiant. Il pensa qu'il était irremplaçable et que ses sujets le vénérèrent. Il les quitta, la paix dans l'âme. Qui osera défier sa majesté toute puissante le lion, après tant d'années de règne ?

   Une fois parti, la jungle-palais, où régnait un calme olympien et une discipline à toute épreuve, commençait à muer: des murmures, des chuchotements, ça bougeait, ça parlotait, ça radotait de toutes parts: les loups trouvèrent que le lion les a subitement abandonnés. Les crocodiles pleuraient ostensiblement en déclarant que maintenant, sans le lion "chéri", ils étaient à la merci du premier venu. Les hyènes, en riant sous cape, affirmaient ouvertement que leur roi était lâche pour les avoir soudainement quittés en ce temps de crise. Chacun en faisait du sien. Tous se plaignaient. Chacun en rajouta un peu." Le lion était irresponsable, égoïste, ... et même un peu tyran quelque fois", répliqua le singe en sautillant sur ses courtes pattes. "Tyran, c'est un peu trop dire. Il a dévoré toute ma descendance", enchaîna le gnou avec sa voix rocailleuse. "C'est un monstre, un criminel!", ajouta le zèbre entre deux mâchements, "Moi, il a assassiné toute ma famille, c'est un sanguinaire!"

   Toute la plèbe animale se lamentait en gémissant. Ils se mirent tous d'accord pour en finir avec lui, une fois pour toutes. Seuls les lugubres vautours osèrent prendre la défense de sa majesté absente, reconnaissants des restes de chairs que leur avait toujours laissés le lion à eux et à leurs semblables. "Et puis, sans notre Malik le roi, qui va nous défendre?" Ils ne terminèrent pas leur phrase qu'ils furent chassés illico presto par l'assistance.

La décision fut unanime: "Le roi Malik ne serait plus désormais notre souverain!", scandèrent tous.

   A ce moment, un vieux porc-épic qui était blotti dans son coin demanda la parole qu'on lui céda: "Mes amis, moi aussi le lion m'a fait des misères. Une fois par exemple, pour se curer les dents, il n'a pas trouvé mieux à faire que de m'arracher un piquant, et à mon âge, vous devinez le mal que ça fait. J'ai saigné pendant des heures. Chassons-le, d'accord, mais sachez que nous avons toujours été gouvernés. C'est ridicule d'être sans chef! On n'en a pas l'habitude. Sans un dirigeant, nous aurons l'air ridicule, notre contrée sombrera dans l'anarchie, et disparaîtra. Trouvons une solution."

L'hippopotame alla tout de go; "Elisez-moi votre roi, vous ne le regretterez pas! J'en ai la carrure. Vous n'en serez pas déçu, parole d'hippo." ."Tu es trop gros, lent et paresseux... patapouf! " lui répliqua la girafe, du haut de ses cinq mètres. " Les affaires du royaume te fatigueront vite. Et puis comment penseras-tu diriger les affaires de notre jungle en étant toujours dans ta mare nauséabonde?" Tous s'esclaffèrent de rire.

"Et moi?", dit le chacal de sa petite voix nasillarde. "Non pas toi ! Tu ne penses qu'à toi-même. Tu n'as jamais pensé aux autres." Lui lança l'autruche. "N'as-tu pas dérobé quelques-uns de mes œufs, la semaine dernière?".

La nuit commençait à tomber, et ils ne purent faire un choix. L'éléphant, avec sa voix de baryton leur conseilla de laisser l'affaire pour demain. La nuit porterait conseil...

   Le lendemain, en début de séance, le buffle qui n'arrêtait de ruminer, insista pour prendre la parole le premier:"Mes amis de la jungle. Hier, j'ai pas fermé l'œil. J'ai remâché toutes vos suggestions. Pour choisir un nouveau gouverneur, moi je ne vois pas mieux que Chadi le singe."
"Chadi, le singe!?", s'exclamèrent tous. La stupeur fut totale !

"Oui, Chadi le singe!", ajouta le buffle. "Qui mieux que lui peut prétendre être notre roi ? Je ne vois pas meilleur que lui. Il n'a assassiné personne. Il n'a dévoré personne. Il n'a volé les œufs de personne. Il nous a toujours avertis lorsqu'il y avait danger. 11 a le sens des responsabilités et de la vie communautaire, ne voyez-vous pas? Il est l'ami de tout le monde. Et puis il a toujours égayé notre jungle avec ses jacassements et sa gentille turbulence. Il nous faisait rire quand nous étions de mauvaise humeur. Il est sympathique, sociable, drôle et très démocratique puisqu'il ne s'est même pas proposé à être le chef. Qu'en dites-vous, camarades?"
Tous restèrent bouche bée! Mais, finalement, ils trouvèrent son raisonnement logique et le choix judicieux. Le buffle n'était pas aussi sot qu'on le pensait.

   Le soir même, on intronisa Sire le singe. Une fête en son honneur fut organisée. On dansa, chanta et ripailla pendant une semaine. Jamais la jungle ne connut une atmosphère aussi gaie et aussi relâchée. Une fois le côté festif passé, on revint aux choses sérieuses. Bien que fatigué par les longues nuits de veille et d'amusement, Chadi feignit prendre conscience de ses nouvelles responsabilités. Sournois et malin comme il était, il commença à se remémorer tous les avilissements vécus dans la jungle. Pas un ne l'avait épargné lui et ses semblables. Les éléphants lui avaient toujours piétiné la queue histoire de rigoler, les crocodiles l'avaient toujours bien accueilli à la marre « les bras...et la gueule bien ouverts », les serpents avaient inlassablement perturbé son sommeil en le
traquant jusque dans les arbres pour l'effrayer,etc.

C'est une occasion qui se présenta à lui pour se venger de tout ce monde hétéroclite. Il commença par les faire signer une nouvelle charte qui lui donna les pleins pouvoirs. Comme vizirs il ne choisit, naturellement, que des singes, plus proches de lui. Le gorille prit le portefeuille de la défense. L'orang-outang, celui de l'intérieur. Le macaque, celui de la communication. Le babouin, celui de la culture. Les bonobos, ses plus proches conseillers ; et le chimpanzé, secrétaire d'état. Même les autres ministères moins importants furent donnés aux autres petits singes : ouistitis, gibbons et autres capucins. « Il faut bien s'entourer ! On ne sait jamais ! », se dit-il.

Les singes sont ce qu'ils sont, l'anarchie totale s'installa désormais. Sire Chadi commença par se venger de tout. Pour punir les éléphants et les crocodiles, il fit assécher toutes les mares du royaume. Les hippopotames furent condamnés à ne prendre que des bains de poussière. Les vipères et serpents furent carrément chassés de la jungle, jugés trop dangereux et nuisibles. Les oiseaux qui déféquaient sur lui naguère furent interdits de voler et on leur coupa carrément les ailes. Une loi interdisant la consommation de chair fut promulguée : les carnivores devinrent de facto herbivores. Il confisqua les biens de tout le monde et dont ne profita dorénavant que les cercopithèques de sa race. Il affama tout le monde. II quintupla les impôts, en instaura d'autres : tout ce que les autres animaux avaient et que les singes n'avaient pas fut soumis à une taxe : une crinière, une trompe, des dents plus osées, des cornes, des oreilles exagérées,etc. la liste était longue. II instaura une nouvelle et unique devise : la monnaie de singe. II arma jusqu'aux dents tous les gorilles pour étouffer toute contestation ou le moindre soulèvement.

   Et pendant ce temps, Sire Chadi, sa guenon et tout le lignage simien profitèrent amplement de la vie et des biens du palais.

   On oublia complètement Malik le lion qui débarqua un jour à l'improviste, avec sa cour. Il ne reconnut ni le palais où régnait un désordre inimaginable, ni sa jungle-royaume défigurée, ni son peuple affamé et transformé.

Il rugit si fort de colère et de fureur qu'il déclencha une tempête. La jungle toute entière trembla. Un silence terrible s'ensuivit. Et d'un coup de croc, il brisa l'échiné de Chadi et de sa guenon.

" Honnêtes gens, sachez choisir vos gouverneurs.
Ne succombez ni aux charmes ni aux humeurs,

ni aux bonnes paroles ou aux pleurs.
Ne mettez votre destin entre des mains ignares,
ou vous vous laissez tenter par le hasard.
Les gens changent vite de comportement,
 

le singe pacifique devient tyran.      
Nul ne peut échapper encore à sa nature :
  
Les larmes du crocodile ne sont que parure

et un singe ne sera jamais mûr.
Gouverner est une qualité qui se mesure,
Ne la laissez pas entre des mains peu sûres. "

 


PEDAGOGIE                Pourquoi tant d'échecs au bac ?                   Par Zaâraoui Aïcha

 

   L'objectif de l'enseignement secondaire est de préparer l'élève à l'université et la question que l'on doit se poser est la suivante : Est-ce que tous les élèves sont capables de faire des études universitaires ? Et bien, dans leur majorité, la réponse est non. Pourquoi donc ? La première des choses qui frappe chez nos élèves, c'est leur démotivation. La deuxième c'est leur incapacité de se concentrer et donc de réfléchir, la troisième c'est l'absence de travail et d'effort individuel. Rares sont les élèves qui travaillent chez eux, alors que c'est la seule manière de consolider ce qui a été « acquis » en classe.

   A tous ces problèmes, s'ajoute l'idée que se font les parents de l'école, pour eux l'école n'est qu'une crèche.

   Tout cela explique évidemment l'échec massif au bac. Comment y remédier alors ? Il y a d'une part, l'école, elle doit apprendre à l'élève à réfléchir, car cela doit être son principal objectif et pour l'atteindre, il faut bien sûr concevoir des programmes scolaires allant dans ce sens. D'autre part, il y a les parents ; en effet, ils ont un rôle important à jouer ; pour cela, ils doivent assumer pleinement leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants; communiquer avec eux ; leur accorder un peu d'intérêt ; leur donner un peu d'affection... Ils doivent également leur enseigner la valeur sacrée du travail et l'importance des études dans la vie de tous les jours, et par delà dans la formation de l'esprit et dans l'épanouissement intellectuel de chacun.

 


 PEDAGOGIE                L'enfant et la lecture.                      Par Boukortt Faouzia

 

   Ce que nous constatons et avec beaucoup de regrets, c'est que nos élèves, à l'exception de peu d'entre eux, ne s'intéressent pas à la lecture ou ne l'aiment pas.

   En les interrogeant, je me suis aperçue que la lecture est une contrainte avant tout. (On le voit d'ailleurs en classe lorsque je leur demande de lire pour rechercher et relever l'idée ou le personnage par exemple, certains élèves regardent ailleurs que dans le livre.)

   Pourquoi me suis-je demandé, mon passe temps favori a-t-il perdu la place qui lui revient : la première de tous les loisirs ?

La première conclusion à laquelle je suis arrivée, c'est que depuis plusieurs années déjà les livres proposés à nos enfants étaient peu attrayants au point de vue esthétique, calligraphique, etc.

   L'enfant est attiré par les couleurs. Les personnages et les lieux représentés par les images l'aident dans son imagination et rendent le texte plus accessible.

   Si l'histoire n'est pas illustrée, il feuillettera le livre pour voir la longueur des chapitres. Par nature, il se lassera vite et voudra connaître rapidement la fin. Les illustrations, au contraire, le freineront et le pousseront à rechercher leur signification dans le texte. Il se référera à l'image s'il bute sur le texte et vice-versa.

   Que faire donc pour que nos élèves lisent et s'intéressent à ce qu'ils lisent ?

   Je pense qu'il faut mettre à leur disposition des livres non seulement comportant des images mais aussi des textes simples et abordables. L'enfant doit être capable d'approcher etde dominer le texte.

   Il faut que les bibliothèques scolaires soient fonctionnelles et bien achalandées. On doit réserver plus de temps à la lecture/détente (en séance d'animation par exemple) et leur laisser le choix du livre tout en les conseillant.

   Actuellement, les livres que l'on trouve dans le commerce sont bien illustrés et ont des textes clairs, mais leurs prix restent inaccessibles pour la majorité de nos élèves.

   Aidons les à retrouver le goût de la lecture.



CONCOURS                                    DICTEE 2003

 

   Contrairement à ce que l'on pense, l'exercice de dictée est chose courante et est apprécié par nos élèves qui aiment se mesurer avec autrui. C'est à qui ferait le moins de fautes. Régulièrement cet exercice leur est proposé en séance  d'orthographe  prévue dans  les programmes (à l'école primaire et au
collège).

   Le concours permettra à nos élèves de montrer fièrement leurs capacités.

    Le comité organisateur mis en place est chargé du choix des textes à dicter, des exercices et des  modalités de  sélection. Il veillera au bon déroulement du concours.

   Le choix des textes :

Les textes seront adaptés aux possibilités des élèves et suivant les programmes. Ainsi, ils ne seront pas déroutés et aborderont cette compétition de façon ludique.

Pour qui ce concours ?

Le concours est ouvert aux élèves des écoles, des collèges et des lycées âgés de 11 à 20 ans. Les sélections se feront au niveau des établissements à l'issue desquelles seront retenus les deux meilleurs candidats de chaque palier.

   Ne peuvent pas y participer les enfants, parents ou proches des membres du
comité organisateur.

   La liste des élèves sélectionnés sera remise au comité organisateur au plus tard le 15/04/2003.

Le concours aura lieu le lundi 05 mai 2003 au lycée Mohamed Benothmane El Kébir ( Maraval), à 14h 30mn.

Les trois lauréats de chaque catégorie (Ecole/ Collège/ Lycée) seront récompensés avec les prix suivants, offerts par le Centre Culturel Français d'Oran :

 

 

Ecoles

 

Collèges

 

Lycées

 

1° prix

 

Livre

 

Livre

 

Adhésion au CCF
pour une année.

 

2° prix

 

Livre

 

Livre

 

Adhésion au CCF
pour une année.

 

3° prix

 

Livre

 

Livre

 

Adhésion au CCF
pour une année.

 

 

 Le comité organisateur : Mme Benhaddad./Mme Addou./
Mme Tahari./ Mme Boukortt./ M. Laroussi.


ARRET SUR FAUTE.                           Par Souig Mohamed Saoudi

  

   A chaque fois que je prends un taxi collectif, et pour échapper à l'atmosphère intérieure qui y règne, je préfère laisser vaguer mon regard à l'extérieur. Réflexe professoral aidant, mon attention ne peut s'empêcher de se porter, évidemment, sur les centaines d'enseignes et écriteaux qui défilent et qui ornent les différentes boutiques.
Des enseignes qui reflètent la " richesse " linguistique de nos commerçants. J'ai l'impression d'y lire un roman qui se termine au terminus du bus. Un roman souvent mal rédigé, mais qui représente les différents niveaux scolaires - en français, entendons-nous ! - de toute une société, qui. souvent, rédige comme bon lui semble, croyant que ses graphies est ce qu'il y a de plus juste. Ils s'entêtent des fois à écrire comme bon leur semble, inventant leur propre langue. Et va, toi qui te prétends érudit, corriger celui-là par exemple, à la rue Mekki Khelifa. qui écrit : "Piziria " au lieu de " Pizzeria " ! Tu compliques les choses, toi le prof ! Les gens s'en moquent de la rigidité lexicale. Ils veulent une langue véhiculaire d'un certain message, simple, à leur mesure, et surtout de leur niveau. Un point c'est tout. La langue n'est-elle pas un moyen de communication ?

Juste à côté, j'ai pu lire aussi chez un marchand de pompes hydrauliques : " goutte à gouttes ". J'y ai trouvé une logique sémantico-philosophique. Une première "goutte" est au singulier, mais lorsqu'on lui ajoute une autre, cela fait un pluriel, cela va de soi, et elle prend automatiquement un "s ".

 Sur une belle enseigne d'un avocat, écrite en doré sur noir, je n'ai pu m'empêcher d'esquisser un sourire en lisant : " Avocat près de la cour ". Je lui ai dit, comme s'il était près de moi : " Pauvre maître, tu es si loin...de la cour... et surtout de ta phrase ! ". A la rue Chakib Arslane, une incorrection, peinte gauchement à côté d'une boulangerie ; " teaux orientals". Il y manquait un peu de finesse poétique.Ça aurait bien rimé, en tout cas avec "orientaux" . Un peu plus loin, deux garagistes, comme pour marquer leur différend,  ont écrit sur  leur  mur : l’un :

" Vulcanisateur " et  l'autre : " Vulganisateur ". Lequel a tort ? Lequel a raison ? A en perdre son français ! Quant aux accents, tout le monde en devient allergique : " Alimentation nérale ", " Pièces détachées ",

" Crème" ; mais la palme revient à une banque, avenue Cheikh Abdelkader, dont l'immense enseigne ne peut échapper au regard de l'enseignant :" Banque Extérieure d'Algérie ". Pour une banque extérieure, elle devrait faire un effort pour soigner son aspect ...extérieur...la moindre des choses. Souvent, nos commerçants font de l'humour par inadvertance comme celui-là dont la femme l'avait peut être infligé de triplés ou de quadruplés et qui écrivit au-dessus de son commerce :"grossiste multiple", qui me laisse penser inévitablement à " grossesse multiple".Terminus ! Tout le monde descend ! Munissez-vous, chers collègues, d'un carnet et d'un stylo et embarquez-vous dans n'importe quel taxi collectif. Entraînez-vous à repérer, à travers les artères de notre ville, les étourderies de nos concitoyens. Y a du travail !
   Ne vous amusez sur
tout pas à descendre et à oser les corriger...Vous risquerez d'être corrigé(e) à votre tour.    Bonne promenade, en tout cas ; et à la prochaine rue.

 


   LE BETISIER DU BACCALAUREAT.         Par Laroussi Ali

 

   L'orthographe, de l'avis de tous les professeurs, est la principale discipline à la dérive. Les lacunes en français, les enseignants en conviennent, induisent chez les élèves de sérieuses difficultés. Dans notre société où le français n'est pas la tangue maternelle, le transfert de la langue, les interférences, le manque d'intérêt à la lecture, l'absence de repères quant à la structure de la langue, rendent hasardeux son apprentissage.

   Le constat sur les faiblesses de l’écrit n’est guère plus encourageant. C’est ce que nous allons vous exposer dans cette rubrique « bêtisier » qui pourrait remplir « l’encyclopédie Universalis », et qui constitue aussi un corpus pour les didacticiens, les pédagogues et les chercheurs.

Les fautes relevées des copies d’élèves lors de la correction du baccalauréat nous poussent à réfléchir de façon objective sur les erreurs produites et aussi sur notre enseignement en général. Comment y remédier ? Où se situent les failles ? A quel niveau ?

Bac 1998 -Lettres et sciences humaines.

Sujet : Comment envisa fiez-vous le monde de demain ?
Relevé des fautes (telles quelles) des copies des candidats :

« L'homme de demain, il sera obligé de respirer du gaz naturel. »

« D'abord la vie roule et l'être humain roule avec elle. »

« Depuis les années 60 et dès que « You You Gagarine » traverse le ciel et monte à la lune,

le monde change un petit peu. »

« Les êtres humains ne pense jamais par le serveaux et surtout le tirorisme, il ne s'arrête

jamais et le milliards des gens units sont faux, les enfants, les fimmes. »

« La demokrate, le sistem qui a apporté la liberté dans tous les domaines culturel, scientifik

et a aidit tous les professeurs et les gentil cèdent du pays Oropiens, les chinoises et les

Mariken qui trouvé toute courage pour ces travaux. »

« Le problème du trous qui se met dans la terre qui nous donne des produits et que l'on

peut pas vivrez avec ils. »

« II y a d'autres planètes a toutes les couleurs puisque nous parions à vie c'est la boule

bleue cela avoir beau et merveilleuse. »

Bac 2001 - Sciences de la nature et de la vie.

Sujet :Vous vous intéressez certainement à une discipline scientifique ou sportive.

Présentez-la avec ses avantages.

« Le sport, il fortifi la tourné sanguine et en faisant du sport nous nous détachons de la
faiblesse. »

« J'ai parti au bibliothèque avec mes camarades sa fudire ensemble pour regarder a
beaucoup de questions. »

« Le medcin Pasteur qui à inventer le peniciline et l'invention de UPSA contre les douleurs
de la tête et les
opirations du cœur est des reins. »
   « Le Japon est cultivé grâce à la technologie et à la guerre mondiale. »
  « Mes amis le prophète Mohamed a dit l'homme propre est au paradis et
deglalasse homme
avec le diable, »

« Ne jeté pas les reste de la buf sur tout dans la foré et la plage et ne coupé pas les arbres
est boulé pas. »

« L'Afrique en général est pauvre parce que le président ne travaille pas. »
  «
L'antrhropologie est une fenêtre qui ne se ferme pas. »
  « Le psychologue est un joli m
étier surtout celui qui n'a ni frère ni sœur. »
  « La vie est une marmelade d'év
énements. »

« A mon avie le savoir vivre n'est de où est ce qu'on vivre, le savoir vivre s'accorde comme
on dit en genre et en nombre avec la personnalité de l'être humain. »


VISITE         Le Centre Culturel Français d'Oran.   Par Belouazaâ Adiila (2°ASLL/ Lycée Souivah Houari.)

 

Le dimanche 30 mars 2003, nous partons, avec un groupe d'enseignants, visiter le centre culturel français d'Oran, àla rue Larbi Ben M'hidi.

   A l'entrée, nous sommes accueillis par la responsable de la bibliothèque, une dame très chaleureuse.

   La visite commence par le hall des expositions qui se trouve juste à l'entrée, en bas. Une salle décorée, en
permanence, de tableaux des différents peintres et autres artistes : aujourd'hui il y a, exposée, de la calligraphie arabe. De jolies phrases ornaient les différentes représentations. Au fond du hall, il y a une petite salle de lecture, où on peut s'asseoir, lire, et consulter diverses revues, magazines qui traitent de tout (informatique,sciences, littérature, etc.).
27 périodiques sont à la disposition des lecteurs pour une consultation sur place. Là se fait aussi prêt le des livres. A côté, au milieu du hall, un petit espace Internet où six ordinateurs sont à la disposition des internautes.

   Nous montons au premier étage où se trouve la bibliothèque. Sur les murs, une autre exposition est offerte au public : les toutes premières cartes postales de la ville d'Oran, faisant partie d'une collection privée. Une vraie mémoire de la ville !

   Vient ensuite la bibliothèque, la partie essentielle du C.C.F. En entrant, à gauche, il y a l'espace « références », espace réservé aux dictionnaires : Universalis, Larousse et autres. Juste à proximité, le rayonnage « Littérature et langues ». A côté,  plusieurs autresspécialités : arts, architecture, peinture, musique, religion, biographies générales, etc. Au fond, se trouve la partie « Romans » qui regroupe des centaines de romans de tous genres : classiques et modernes. Il y a même un tout petit espace qui accueille les nouveautés. A notre droite, au fond de la grande salle, nous découvrons la partie réservée aux différentes sciences : biologie, sciences naturelles, informatique, mathématiques, etc. En tout, 18000 ouvrages sont à la disposition des lecteurs.Et pour faciliter la tâche aux adhérents, plusieurs ordinateurs sont à leur disposition, avec un fichier électronique où sont répertoriés tous les ouvrages classés soit par auteur ou par thème. On ne risque pas de s'y perdre... à condition de savoir manipuler l'outil informatique.

Ainsi se termine notre visite qui a été très fructueuse. Nous remercions la bibliothécaire et tout le personnel du C.C.F pour leur accueil et leur disponibilité. Nous remercions aussi nos professeurs qui ont pensé à nous.


POISSON D'AVRIL          Une histoire qui a cinq siècles.

Le poisson d'avril est né au XVIè siècle lorsque le roi de France décida en 1564 d'instaurer le début de l'année le 1er janvier, alors qu'auparavant elle débutait le 1er avril. L'année suivante les gens se souhaitaient la bonne année le 1er janvier, mais le 1er avril, par habitude, on se fit des cadeaux
« pour rire ». L'origine du « poisson » est floue : pour certains, c'est lié à l'interdiction de la pêche en avril, pour d'autres c'est liéà la fin du signe zodiacal du poisson.


  NOUVELLE     Mon professeur de musique.    Par Hamdaoui Dahri.

 

   En classe de sixième, notre professeur de musique était si maigre et si petit que, lorsqu'il se mettait au piano, on ne voyait plus que le sommet de son crâne. Il portait une petite moustache qui le faisait ressembler à Hitler,  disaient  les  mauvaises  langues.  Moi,  je  trouvais  plutôt qu'il ressemblait à Charlie Chaplin d'autant plus qu'il flottait dans son costume gris. Mais c'était un homme de cœur. Un homme admirable de bonté malgré son air comique. Il aimait ce qu'il faisait et adorait ses élèves. Du haut de son un mètre soixante, c'était un grand homme. Aujourd'hui, je peux affirmer que c'est grâce à ce professeur et à monsieur Lorenzo, mon instituteur, que j'avais décidé, dès cet âge, d'être un jour un enseignant. Je n'ai jamais eu à le regretter...

   Un jour, c'était en plein hiver -le dernier hiver avant l'indépendance -, et alors qu'on attendait depuis quelques minutes l'ouverture des portes du lycée, il se mit à pleuvoir. Rapidement nous fûmes trempés. Je portais en tout et pour tout une chemise, un pantalon rapiécé aux genoux, une blouse d'écolier et aux pieds des espadrilles de toile. Comme les semelles étaient trouées, un « floc floc » accompagnait chacun de mes pas. On ouvrit les portes et nous entrâmes. Nous nous dirigeâmes vers notre salle. Ce jour-là, on avait musique. Nous nous mîmes en rang devant la porte de la salle de musique et attendîmes notre professeur. Je tremblais de froid de tout mon corps et j'avais hâte de retrouver la chaleur du poêle dans la classe. Lesgouttes d'eau qui tombaient de mes vêtements avaient formé une petite flaque sous mes pieds. Le professeur arriva. En passant près de moi, il s'arrêta. Il me regarda longuement puis nous ordonna de pénétrer en classe. Sans dire un mot, il se mit à écrire au tableau le texte d'une chanson dont je me souviensencore du premier couplet qui disait :

«  Ma petite est comme l'eau,
                                                     Elle est comme l'eau vive.

Elle court comme un ruisseau

Que les enfants poursuivent.
                                                              Courez ! Courez !

Aussi vite que vous le pouvez '
                                                             Jamais ' Jamais

Vous ne la rattraperez ' ... »

II nous demanda  ensuite de recopier le texte. Nous sortîmes nos cahiers et après avoir frotté nos mains l'une contre l'autre et soufflé sur nos doigts, nous nous mîmes au travail. Je tenais difficilement mon stylo : mes doigts étaient engourdis. Notre professeur circulait dans les rangs. Arrivé à ma table, il s'arrêta puis subitement s'assit à côté de moi. Il commença à me parler : « Comment t'appelles-tu? » me demanda-t-il Je lui répondis. Je n'étais pas étonné qu'il ne se souvînt plus de mon nom, car souvent c'était la première question qu'il  posait à l'élève qu'il interrogeait. Il faut dire aussi qu'il ne nous voyait qu'une fois par semaine : il était l'unique professeur de musique de toutes les classes de sixième et de cinquième. Il ajouta :

_  Que fais ton père ?

_ Journalier, monsieur, quand il trouve du travail, crûs-je bon d'ajouter.

_ Où habites-tu ?

_   A Sidi Yacine, dans les carrières.

A cette époque, on habitait dans un bidonville appelé « Carrières Berragua »où s'entassait une centaine de familles.

_ Tu as  un grand frère ou quelqu'un d'autre qui  travaille dans  ta famille...

_ Non monsieur. Je suis l'aîné de mes parents. J'ai une sœur. Elle va à l'école, elle aussi. »

II se tut. Je fis de même et j'essayai, tant bien que mal, à m'appliquer à recopier la chanson. Alors, il me prit le stylo, tira vers lui mon cahier etse mit à écrire le texte. Rapidement, il avait fini.

          _ Vous finissez à quelle heure ce matin ?

          _ A onze heures, monsieur.

_ Bien, attends-moi devant le grand portail, tout à l'heure, lorsque vous aurez fini.

Puis il se leva. Mes camarades avaient fini de recopier la chanson. Tout occupés à leur travail, ils n'avaient pas remarqué ce qui s'était passé. Le reste de la séance nous le passâmes à apprendre à chanter le texte. Bientôt la classe finit et nous sortîmes rejoindre une autre salle. Je ne me souviens plus de ce qu'on avait fait entre neuf  et onze heures. J'étais intrigué et je n'arrêtais pas de réfléchir à ce que le professeur de musique m'avait dit...

A onze heures et quelques minutes,  j'étais devant le portail.  Il arriva rapidement. Le ciel  s'était éclairci et il ne pleuvait plus. Il commençait même à faire un peu chaud, ou peut-être étais-je si intimidé que je ressentis une bouffée de chaleur m'envahir.
« Viens, me dit-il, suis-moi. »

Puis il se mit à me parler en arabe, sans doute pour me mettre à l'aise. Il avait un joli accent tiemcénien et une voix si fluette et si aiguë que je dus me retourner et le dévisager pour m'assurer que c'était toujours mon professeur de musique. Il me parla de lui, de sa famille, et me posa des tas de questions aussi.

   Bientôt, nous arrivâmes chez un commerçant de vêtements. Il le salua  et s'approcha de lui.  Il  lui dit tout bas quelques mots à l'oreille.  Le commerçant me regarda puis dit qu'il allait s'en occuper. Il prit une grande feuille de papier qu'il arracha d'un immense rouleau et qu'il déposa sur le comptoir. Ensuite, il commença à poser dessus des vêtements : un manteau, une chemise, un gros chandail de laine, une veste et deux pantalons identiques.
Il emballa le tout et ficela le paquet qu'il remit au professeur. Celui-ci paya et nous prîmes congé. On sortit et on se dirigea vers une autre boutique: de chaussures celle-là. Là je compris que les vêtements m'étaient destinés parce que le commerçant, un jeune homme imberbe, s'enquit de ma pointure. J'étais confus : je voulus refuser. D'ailleurs, à l'époque, je n'aurais su lui répondre et je ne savais pas que les souliers avaient des numéros. Avec
mon père, c'était différent : un bout de ficelle faisait l'affaire... On me fit donc essayer plusieurs chaussures. Le professeur paya deux paires : des souliers que j'ai portés, par la suite, pendant presque deux ans, jusqu'à
usure complète, et des espadrilles bleues. C'était différent : un bout de ficelle
  faisait l'affaire... On me fit donc essayer plusieurs chaussures. Le professeur paya deux paires : des souliers que j'ai portés, par la suite, pendant presque deux ans, jusqu'à usure complète, et des espadrilles bleues.

«  Pour le sport et pour jouer au ballon. », me dit-il .

   J'étais content et c'est peu dire. J'étais submergé par tant de bonté. Puis le professeur me dit :

«  Tiens, prends ça. C'est à toi. Ne dis surtout pas à tes camarades que c'est moi... » II se tut puis mit la main dans la poche et en sortit quelques pièces de monnaie qu'il  glissa dans ma main.  Ensuite,  il me quitta et disparut rapidement dans la foule. Je ne l'avais même pas remercié... A mon retour à la  maison,  la  joie  fut  indescriptible.  Aujourd'hui,  encore  je  m'en souviens...

   J'ai oublié ton nom, peut-être même que tu ne t'es jamais présenté à nous, mais je peux t'assurer cher professeur que je n'ai jamais oublié le couplet de cette chanson.  Je le chante souvent à mes enfants en leur racontant cette histoire. Je leur dis :« Mes enfants, mon petit professeurétait un grand ' Voilà ce qu'il nous a appris  :

«  Ma petite est comme l'eau.
Elle est comme l'eau vive... »

Aujourd'hui, si mon cœur déborde d'amour et si mon seul souhait est de soulager le monde, de toutes ses peines, c'est un peu grâce à toi...


VENUE DU PRESIDENT FRANCAIS  M. J.CHIRAC A ORAN.     Par Benhamed Malika           

 

Lors de la venue du président français
Jacques Chirac, no
tre association a
été invi
tée à participeravec une modeste
ac
tivité, à savoir : une chanson de
bienvenue
, préparée par Mme Kebdani
Zoulikha
et présentée par les écoliers
de l'école Sahel Ahmed ; et un poème
écrit pour la circons
tance par Mme
Benhamed Malika et remis au président.
Nous vous présentons :

               Hommage à Monsieur

                     Jacques Chirac,

Président de la
République
française
.

 

En ce jour, Oran est en ferveur
D'avoir l'immense honneur

D'accueillir votre grandeur.

Monsieur le Président,
Recevez ce modes
te présent
Que vous fon
t nos enfants
Dans vo
tre langue chantant
Pour nous, la langue de Molière,
Reste une importante ma
tière
Que nos enfan
ts acquièrent.
La leur inculquer, nous en sommes fiers
'
C'est la langue des plus grands auteurs
e
t poètes :

Balzac, Hugo, Lamartine et Colette.
Qui ne connaît l'his
toire de Cosette ?
E
t le livre de Camus « La Peste » ?
Monsieur le Président,
Jadis, vous nous avez colonisés, nous
vous avons pardonné,
Même si cer
tains sont toujours
marqués ;

Hélas ! Nous ne pouvons changer le
passé !
Par
tout vos traces sont restées :

 

Les monuments que vous avez édifiés,
Votre culture que vous avez i
mplantée,
Votre langue que vous nous avez
enseignée.

De par l'histoire, nous sommes à jamais
liés !

Aujourd'hui, nous avons le plaisir,
De pouvoir vous accueillir,
En ami, avec le sourire.
Car notre plus cher désir
Est, que cesse le pire,
Que nos deux na
tions se tournent vers
l'avenir,

Et voient leurs relations amicales
S'épanouir.
Le peuple algérien sait
Que vous êtes un homme de paix.
Vous avez comblé les français,
De vos fai
ts et bienfaits.
On peu
t dire que la France
A bien la chance
De vous avoir à la présidence !
Monsieur le Président ?
js sommes profondément touchés,
par vo
tre attitude contre la guerre
qui ne peut apporter que la misère,
e
t rendre la vie plus amère.
Fasse Dieu que vos conseils éclairent
Tous les dirigean
ts de la terre,
Pour le bien du monde en
tier.
Nous souhaitons que cet
te visite
Puisse avoir le mérite
De renforcer nos liens,
Pour le plus grand bien
De deux pays médi
terranéens.
Vous voir en compagnie
De notre cher Président de l'Algérie,
Qui se donne à fond pour son p
ays,
Restera dans les mémoires des
décennies.

Merci à vous, merci pour ce passage,
Qui s
'avère un bon présage
E
t d'amitié, un gage.


 POESIE

 

 

 

Toi, mon élève  

Toi, mon élève, homme de demain,
Permets-nous de te tendre la main.

Récolte le savoir,
Pour un avenir meilleur.

Va vers l'avant,
Toujours vers ce soleil levant.

Tu découvriras la lumière,
Et tu te soulageras à travers les ères.
Bats tous les buissons, remue terre,

Ne laisse rien au hasard.
Profite de l'expérience de tes professeurs,

         Arme-toi de leur ardeur.
Cultive leur amour et leur jo
ie du cœur,

Dont tu seras énormément fier.
Dis-to
i bien qu'un jour tu en auras besoin,
Quand tu seras mon élève, homme de demain

 

Gamaz Louisa

 

A l'automne de la vie  

 

A l'automne de la vie,

Les rêves, aussi,

Deviennent insaississables

A l'automne de la vie,
Les châteaux construits
S'avèrent être de sable.
A l'automne de la vie,
Les convives repartis
Te laissent sur le rivage.
A l'automne de la vie,
Les cheveux blanchis
Te donnent des airs de sage.
A l'automne de la vie,
Les amours taries
Te lèguent un peu de fiel.
A l'automne de la v
ie,
Les élans attiédis
Tern
issent tes arcs-en-ciel.
A l'automne de la vie,
Tes secrètes env
ies
Te semblent plus vén
ielles.
A l'automne de la v
ie,
Tes singuliers déf
icits
Redeviennent pluriels.

 

 

Hamdaoui Dahri

 

 

Taedum vitae

 

II y a des esprits qui pensent loin
si loin qu'ils ignorent
ce qui est là,
à portée de main.
Il y a des pleurs qui coulent
comme des torrents,
et ne servent qu'à vider les chagrins.
Il y a des fleurs qui naissent
après le printemps
et qui survivent pourtant.
Il y a des tendresses
qui ne meurent point
car el
les sont faites pour les autres.
Il y a des caresses
faites avec grâce,
que ni l'oubli ni le temps n'effacent
II y a des amours
qui
étreignent un jour
pour se consoler,
et se retirent comme la mer
pour aller loin,
si loin,
sans espoir de retour.
Il y a mes regards
qui ne cessent
de scruter I
' horizon
de tes promesses
et des jours
qui passent.
Il y a toi
qu
i est là
comme un coucher de soleil
qui ne veut s'en aller,
et la
isser les ténèbres
pleines d'effroi et de regret,

 habiter mes yeux.

 

Souig Mohamed Saoudi

 

             Rêverie      

 

             Petit oiseau,

                       Frêle et si beau,
                   tu voletais de                     charme

Dans les cieux de ma décrépitude
Pour
m'ôter à mes langueurs
Sombres et macabres...
Je chantais tes silences
Et je souriais de ton absence.

Ton nid tu l'avais en moi.
Je t'avais gardé une place de choix...
Triste destinée,
Blasphème, le poète.
Déjà, on t'emporte au loin
Vers les contrées inconnues.
Où pourrais-je recueillir tes soupirs,
Ta lassitude et tes sourires ?
Petit oiseau,
Tendre et affectueux,
Offre-moi la pureté de ton âme,
Lègue-moi la gravité de ton regard.
Pour toi, je compose la sérénade étemelle.

 

Belouzaâ Soltana