NOUVELLE " Les hôtes de dieu." Par Hamdaoui Dahri.
Je devais avoir trois ou quatre ans, mais je m'en souviens nettement. J'étais assis en face du chien qui lapait une bouillie faite de morceaux de pain et d'une poignée de grosse semoule d'orge trempes dans du lait J'avais comme unique vêtement une ample chemise d'homme qui m'arrivait jusqu'aux chevilles et que ma tante avait raccommodée pour qu'elle reste accrochée à mes épaules. Mon visage, mes cheveux en broussaille, mes mains, mes pieds, mon corps tout entier était sale et avait la couleur de la poussière environnante.
Quand le chien, rassasié, leva la gueule et se détourna de l'écuelle toute bosselée. je m'en saisis rapidement et me mis à manger ce qui restait C'est à ce moment que, sorti je ne sais d'où. Mon père arriva. II me happa brusquement et donna un grand coup de pied à l'écuelle. Je me mis à pleurer: mon repas était fichu. Il me prit dans ses bras, me regarda longuement et des larmes silencieuses glissèrent sur ses joues. II me serra fortement et soudain, essuya ses larmes et se dirigea vers le gourbi le plus proche. C'était celui de ma tante. Je me tus. Alors, il se retourna et revint chercher l'écuelle. II se baissa pour la ramasser. J'ôtais toujours dans ses bras. A ce moment, une voix, celle de ma tante, se fit entendre derrière nous
" Aïssa, tu es là ! Je ne t'ai pas vu arriver. Et que fais-tu avec cette écuelle à la main ?
- Ce que je fais ? Ce que je fais ?! Je te confie mon fils pour quelques jours et je le retrouve affamé partageant avec le chien sa bouillie. Et tu me demandes ce que je fais .Les mots avaient du mal à sortir de sa bouche. Il étouffait...
- La bouillie du chien ?
- Oui, et ne viens pas me contredire! Je l'ai vu, de ces yeux qui seront dévorés par les vers. Je l'ai vu ... C'est mon fils ... et toi, tu es ma soeur. Tu prétends être ma saur ... Mon fils... c'est aussi ton ils...
_ Mais à qui donc, mon Dieu, devais-je le confier ? Si toi ma soeur...Et regarde dans quel état il est. II me déposa à terre et m'arracha brusquement la chemise.
_ Et ça ! Qu'est-ce que c'est ? Où sont ses vêtements ? Je te l'ai confit avec des vêtements et je retrouve mon fils dans... dans ça! II suffoquait II ne pouvait ajouter un mot.
II s'assit à même le sol, me prit sur ses genoux et se remit à pleurer. Jamais, auparavant, je n'avais vu mon père pleurer. Les minutes qui suivirent, nous les passâmes dans les bras l'un de l'autre. J'étais heureux de revoir mon père mais je ne m'expliquais ni sa colère ni son chagrin. Plus tard, je sus que mon père m'avait confié à ma tante parce que ma mère était gravement malade. Elle avait même failli mourir des suites d'une fausse couche... Mais sur le moment j'étais heureux tout nu dans les bras de mon père. Cet homme si peu expansif pleurait et je savais que j'était la cause de ces larmes qui coulaient silencieuses, sur ses joues. Quelques années plus tard. une scène presque identique eut lieu : j'étais malade et mon père m'avait porté dans ses bras à travers toute la ville pour rejoindre l'hôpital. Là aussi, il avait pleuré.
Quelques instants plus fard, mon père qui, jusque là, était resté silencieux, demanda mes vêtements et comme ils étaient encore plus sales que la chemise que je portais, il me la remit sur le corps et nous quittâmes les lieux. II me porta sur ses épaules et se dirigea vers la route. II n'avait plus dit un mot à sa saur. II se dépêchait nous devions intercepter le damier car qui rentrait à la ville où on habitait à l'époque et distante d'une quarantaine de kilomètres. Malheureusement pour nous, il était déjà passé. Plutôt que de retourner sur nos pas et passer la nuit chez ma tante, père décida de rentrer à pied. II était bon marcheur rais il se faisait tard. Quelques paysans, rencontres sur la route, qui retournaient des champs après une dure journée de travail, essayèrent de l'en dissuader. Rien n'y fit. Il persévéra dans son entêtement et poursuivit son chemin... Bientôt, la nuit tomba et père, fatigué de me porter sur ses épaules, me déposa à terre. Nous restâmes debout au bord de la route pendant de longues minutes. J'avais peur et il me semblait qu'il se ravisait Soudain, il s'accroupit posa ses mains sur mes épaules et me dit:
" Écoute, n'aies pas peur! Tu es grand, tu es plus de trois ans maintenant Tu es un homme. .. II se tut puis ajouta brusquement : si nous coupons à travers bois, nous gagnerons bien une dizaine de kilomètres. Je connais la région. Nous serons chez nous avant l'aube. Tu as froid ?
- Non.... un peu...
- Alors marchons, ça te réchauffera... et si tu te fatigues, je te porterai. ..Oui à l'aube, nous serons chez nous..."
Il voulait s'en convaincre. II savait qu'avec moi, il ne le pourrait pas. II savait aussi que je ne comprenais pas ce qui nous arrivait Et puis j'avais faim. Je le lui dis : " P'pa, j'ai faim!" II me saisit par la main et nous quittâmes la route. La nuit était complètement tombée et je ne distinguai plus rien. Je ne marchais plus à ses côtés : je courais, trébuchant à chaque pas. Alors il me prit dans ses bras et, plongés dans la nuit nous continuâmes notre chemin. Je voyais, par-dessus son épaule, quelques étoiles qui brillaient dans le ciel noir. Et bientôt, endolori, affamé et ballot! Par les mouvements de sa marche saccadée, je m'endormis dans ses bru...
Des aboiements me réveillèrent. Le jour commençait à poindre. La première sensation que je ressentis à mon réveil fut celle d'une douce chaleur. J'ouvris les yeux: nous étions, père et moi, couchés dans une meule de foin. Il m'avait recouvert de sa veste et s'était endormi à mes côtés. Constatant que j'étais réveillé, il me dit
-Bonjour !
Je lui répondis.
-Tu es bien lourd, tu sais. Et encore tu n'as rien avalé depuis hier après-midi. As-tu faim ?..
-Au moins, tu n'as plus froid.
Voyant que je ne lui répondais pu, il ajouta
" Attends, ne bouge pas. Je vais nous ramena quelque chose à manger."Et il se leva. Il se dirigea vers quelques maisons qui se trouvaient à quelques dizaines de mètres de là. Les chiens se remirent à aboya. Et bientôt, un homme en djellaba et qui achevait d'enrouler son turban autour de sa tête sortit de rune des maisons. 11 vit mon père qui avait fait quelques pas en sa direction et l'apostropha
"Et là ! Qui êtes-vous ? Et que faites-vous là ?
- Nous sommes " des hôtes de Dieu ", dit mon père d'une voix calme. La parole magique fit mouche. Elle opéra aussi sûrement qu'un sésame car l'homme, rassuré, répondit d'une voix moins inquiète:
- Vous êtes les bienvenus.
Une voix de femme, une voix aigüe, retentit de l'intérieur de la maison:
- Qu'y a-t-il ?
- Ce n'est rien, dit l'homme. Fais-nous un peu de café. Je reviens dans quelques instants.
Il se dirigea vers nous, hésitant: Il se méfiait toujours. Il tenait à la main un bâton noueux. J'eus peur et je me levai.
- P'pa!
- A qui est cet enfant ?
- C'est le mien. Nous avons raté le dernier car d'hier après-midi et nous rentrions à Sidi Bel Abbés. A pied. Le gosse s'est fatigué et comme je l'avais porté une bonne partie de la nuit je me suis permis de nous reposer dans ce tas de foin.
- Vous avez passé la nuit ici 1 Et les chiens ne vous ont rien fait ! Par Dieu , vous devez être des saints. Tu dis que l'enfant est à toi ?
Il s'était approché de nous tout en parlant. Effrayé par le béton, je m'accrochai aux jambes de mon père. -N'aies crainte Petit, me lança mon père.
- Vous venez de loin, comme ça ? s'enquit l'homme, rassuré.
- De Berthelot, répond mon père. Nous avons marché presque toute la nuit...
- De Berthelot vous devez être fatigués. Yaah, vous avez fait une sacré trotte. Asseyez-vous, je reviens... Quelques minutes plus tard, il ressortit avec une bouilloire pleine d'eau tiède. Nous nous débarbouillâmes hâtivement. Père me frotta le visage avec le pan de sa chemise qu'il avait aspergé d'eau puis me passa les doigts dans les cheveux pour m'ôter quelques brins de paille qui y étaient accrochés. Ce faisant, il continua de bavarder avec l'homme.
- N'est-ce pas le douar des Ouled Tayebt demanda-t-il ?
- Si, répond l'homme.
Un garçon d'une quinzaine d'années sortit de la maison et déposa une cafetière toute fumante. Il retourna à la maison et ressortit cette fois-ci avec une galette de semoule et trois tasses ébréchées et toutes différentes l'une de l'autre. L'homme nous invita à manger. Je mangeais, à moi seul, fa moitié de la galette de pain. Le café était brûlant et mon père soufflait dans ma tasse pour le refroidir. Je n'écoutais plus ce qu ils se disaient.. : "Faire attention aux gendarmes... ils sont passés, il y a deux jours..." furent les seuls mots que je saisis au vol mais que je ne compris pas. Père écoutait et acquiesçait. Il avait ses papiers, disait-il. Beaucoup plus, sans doute, pour convaincre notre hôte que pour autre chose.
Le café bu, nous saluâmes le paysan et nous réprîmes notre chemin. Il était presque midi quand nous arrivâmes chez nous. Mère alla mieux et je dormis tout le restant de la journée.
Extrait de: " Galette d'orge et huile d'olive."
ROMAN. (1ère partie) "Le cadet" Par Souig Mohamed Saoudi.
Le lundi 18 septembre 1967. Un jour inoubliable, qui est resté gravé dans la mémoire comme un jour de deuil national ou comme un jour d'une grande catastrophe… individuelle. J'avais à peine dix ans. Je ne savais rien de la vie. Comme tous les enfants du monde, je vivais au jour le jour, insouciant; et ma responsabilité se limitait à travailler bien à l'école, à jouer, à rencontrer les amis, à vivre chaleureusement au sein de ma famille, sans plus. Une famille qui comptait 12 personnes regroupées dans un F5 qui paraissait très exigu à mesure que nous grandissions.
Ce jour-là, je prenais le train comme un grand monsieur, en compagnie de mon père en tenue militaire. Il m'avait déjà préparé à ce voyage. Il m'avait demandé si je voulais être militaire, si je voulais avoir une vraie tenue de soldat à moi, avec des armes, de l'argent…et que je pouvais même devenir un chef et déclarer la guerre à qui je voulais. Je n'avais pas hésité un seul instant car je croyais que c'était un jeu, et que cela n'allait durer que le temps d'un jeu. J'ai accepté sans sourciller. Je ne savais pas que ma guerre allait être celle de Cent Ans ; elle allait durer en réalité 10 années, et que je pouvais dire adieu à ma famille, à mon entourage, à ma ville, et le reste. Le jeu allait se passer loin, très loin à Tlemcen, à 130 kilomètres de chez moi. Moi qui ne m'étais jamais éloigné à plus d'une centaine de mètres de mon quartier, voilà que maintenant j'allais à la conquête du monde!
Le train que je prenais pour la première fois m'énervait avec le bruit saccadé d'acier et de fer, qui n'en finissait pas, et cette odeur intempestive du gazole brûlé qui pénétrait par intervalle par les fenêtres entrouvertes et qui me donnait l'envie de vomir. J'étais mal à l'aise, dans ma tenue: une chemise blanche, nouée jusqu'au dernier bouton me raidissait le cou, une cravate qui m'étouffait et un chandail gris de fibres synthétiques dans lequel je flottais un peu. Mes souliers me faisaient mal. Je me sentais gêné dans la raideur de ces habits neufs, mais je m'imaginais déjà dans la peau du soldat et mes embarras s'estompèrent quelque peu. Un soldat doit être patient et doit supporter tout avec stoïcisme.
Je me méfiais déjà, je me doutais de quelque chose: "Pourquoi me mettre sur mon 31 pour aller jouer?" D'habitude, ma mère me recommandait tout à fait le contraire: "Mets tes trucs sales pour aller jouer, ton père ne travaille pas uniquement pour la lessive!"
J'oubliais pour un moment mon destin de soldat qui m'attendait, car mon attention se porta sur une famille de paysans qui pénétra soudain dans notre compartiment, avec un bruit d'enfer. L'homme trimballant une lourde valise en carton qui s'ouvrit soudain vomissant tout son contenu: des vêtements jonchèrent le sol pêle-mêle; et maladroitement il l'a referma; des bouts de vêtements pendaient. Ses deux enfants, le nez plein de niaque, chialaient en croquant dans un morceau de pain de seigle. Quant à la mère, elle était plus préoccupée à retenir son voile qui disparaissait à chacun de ses mouvements. Ils prirent place, tant bien que mal et nous souriaient, comme pour s'excuser. Je trouvais cela drôle. Dans un train, on peut faire des rencontres un peu particulières. De vrais paysans, je n'en avais jamais rencontré, moi qui ai toujours vécu dans la ville.
Mon père avait l’esprit ailleurs. Il était plus taciturne que d’habitude. Même à la maison, il n’était pas très communicatif. Ses paroles se limitaient au strict minimum. Ses mots à lui servaient plus à dire l’essentiel qu’à bavarder. Et aujourd’hui, encore plus. Il ouvrit un petit sac en plastique, en sortit deux bouts de pain, des œufs bouillis et des oranges. Il en offrit une à chacun des deux gosses qui n’arrêtaient pas d’épier le moindre de ses gestes. Il le regardèrent comme on regarde un prestigidateur. Ils s’attendaient peut être à ce qu’il sortît un lapin tout blanc du sac. J’avais faim et je mangeais de bon appétit. Les deux mioches aussi.
Des sifflements continus de la locomotive me surprirent. Mon père m'expliqua que le train s'approchait de notre destination. Il arrangea son uniforme, mis sa casquette de sous-officier et retira la petite valise du porte-bagages. Je jetais un dernier coup d'œil aux deux enfants qui me regardaient avec de grands yeux de chouette. Je leur fis un clin d'œil et suivit mon père qui se dirigea vers la portière de sortie. Il était apparemment un peu pressé. Je remarquai que tous les voyageurs, en sortant du train, étaient eux aussi pressés. Pressés pour aller où ? Ils n’ont pas été chez eux pendant longtemps peut être. Moi aussi je voulais rentrer chez nous. Le train m’a beaucoup fatigué. Le bruit de ses essieux résonnait encore dans mes oreilles. Il commençait à faire chaud et la cravate trop serrée m’étouffait. Ma famille me manquait déjà. Je me sentais étranger dans cette ville qui ne ressemblait en rien à Oran. J’avais hâte d’enlever mes chaussures, me laver, retrouver mes frères et sœurs. Mon père, pressentant quelque chose, me prit la main et m’entraîna vers des taxis qui attendaient devant la gare. Il montra un papier à un taxieur, qui après réflexion, acquiesça. Nous montâmes à l’arrière de la voiture qui démarra dans un tourbillon de poussière et de fumée. Je suffoquai. " Décidément, il n’y a pas un engin qui ne dégage cette odeur donnant envie de vomir ! " me dis-je intérieurement. Ma tête commençait à tourner. La fièvre me prit. Mon père me rassura en me touchant le front : " Nous arriverons très bientôt ". Il n’avait pas fini sa phrase que la voiture s’arrêta devant un mur immense, sombre qui cacha subitement et le soleil et la clarté du jour. Nous descendîmes, mon père paya le taxieur. Moi, je restais ébahi devant cette vieille muraille qui n’en finissait pas. C’était un une vraie forteresse, une bâtisse très ancienne qui se dressait devant nous. Noire. Sombre. Imposante. Froide. Lugubre. Cela me donnait des frissons. On se croirait aux Carpates chez Dracula. Avec un grincement assourdissant, une immense porte s’ouvrit de laquelle sortit un camion vert de l’armée. Mon père me tira par la main et la porte nous avala. Bien que nous fîmes en septembre, il y régnait un froid qui me donna la chair de poule. Nous nous engouffrâmes dans un long couloir sombre qui donna sur une grande cour à moitié ensoleillée, encadrée par d’imposantes bâtisses très anciennes avec beaucoup de fenêtres. J’avais l’impression qu’on nous épiât de partout. Je serrai le bras de mon père et me collais à lui. Il me passa l’autre main sur les cheveux et me dit avec un ton paternel :" Ca y est, nous sommes arrivés, c'est beau ici, ne vois-tu pas?". ( à suivre )
DECOUVERTE DU PAYS: Mostaganem. Par Boukortt Faouzia.
Aujourd’hui nous allons découvrir d’autres villes de l’ouest algérien assez importantes et dont deux ont fait parler d’elles lors des séismes (1994 et 2000) : ce sont Mascara et Ain Temouchent. Mais parlons d’abord de Mostaganem.
Cette ville se situe à l’embouchure de l’oued Cheliff et dans le Golf d’Arzew. Ce port fut fondé par les phéniciens. On y trouve le monument historique de la mosquée d’Abou El Hassan (période du règne des Mérinides au XIV e et XVI e siècle).
La wilaya de Mostaganem ce n’est pas uniquement le port ou la ville, c’est aussi un littoral avec des plages réputées parmi les plus belles d’Algérie :citons . « Les Sablettes », « La Salamandre ». Les plaines du Cheliff s’étalent sur 2269Km² avec les montagnes du Dahra.
L’activité portuaire qui atteint des tonnages record est la seconde source de richesse après l’agriculture.
C’est Mostaganem qui lança le premier festival du théâtre amateur en 1967 ainsi que le premier festival du chant originel qui fit connaître à l’Algérie des poètes du « Chiir Malhoune » (poèmes chantés) parmi lesquels Djillali Ain Tedless.
La wilaya de Ain Temouchent, (fortement touchée par le séisme de 1994) est l’emplacement de Siga la capitale des Numides de l’ouest ayant pour roi Syphax. L’histoire a marqué cette région. Le traité de La Tafna (entre les Français et les Algériens) s’est fait sur un terrain proche de l’antique Siga. Le tourisme est le troisième secteur de développement grâce à sa façade maritime de 80 Km et à ses nombreuses plages vierges de toute pollution. Ce qui permettra un tourisme balnéaire de qualité. Bien que cette wilaya se relève tant bien que mal du tremblement de terre, des efforts sont fait pour attirer les visiteurs.
Lorsqu’on parle de la ville de Mascara, on pense tout de suite à l’héroïque Emir Abdelkader et à son combat. Il fut l’édificateur du premier état moderne algérien. Mais il y a aussi le fameux homme de Palikao découvert près de Tighenif, dont le crâne est exposé au muséum de Paris, et qui montre la présence humaine remontant à 400.000 ans.
La wilaya qui a subi de sérieux dégâts lors du séisme de 1994, mise essentiellement sur le développement de l’agriculture. Les terres de la région sont très fertiles. La production est souvent excédentaire (céréaliculture- arboriculture et maraîchage de la vigne).
L'ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE AU COLLEGE. Par Boukortt Faouzia.
L’enseignement de la musique est programmé à partir de la septième année fondamentale.
C’est un programme varié et consistant qui est proposé aux élèves en langue arabe mais des termes français sont employés dans le solfège.
Les leçons portent sur l’instrumentation,sur l’apprentissage du solfège et sur l’histoire de la musique et ce une heure par semaine.
Elles sont réparties en cinq groupes d’étude :théorie,rythme,solfège chanté,solfège rythmique et chant.
En pratique,les élèves se familiarisent avec les instruments de musique tels que l’accordéon ,la guitare…Le professeur les utilise comme moyens de démonstration .Le métronome leur permet d’apprendre le rythme. La dictée rythmique et musicale est faite sur l’ardoise avec un accompagnement instrumental. Pour apprendre à reconnaître les styles de musique,il fait écouter aux élèves des disques vinyle,des c.d ou des cassettes. Et des exercices périodiques sont faits.
Ainsi et grâce à un travail très rigoureux,est formée une chorale composée de voix harmonieuses .Lors de manifestations culturelles,la chorale interprète des chants aussi bien en arabe qu’en français et en anglais .D’où l’intérêt de certains élèves pour les langues. En apprenant les chansons,ils progressent dans leur expression .
L’idéal serait que tous les apprenants s’y intéressent.
ANECDOTE. Par Boukortt Faouzia.
Quel enseignant n’a-t-il pas été un jour confronté à une situation anecdotique dans sa classe ? On l’oublie mais elle ressurgit parfois sans qu’on y prenne garde. Ces situations sont créées lorsque l’élève fait des interférences avec la langue maternelle ou résonne avec « sa » logique. En voici quelques unes qui se sont passées dans mes cours.
Ce jour là la leçon portait sur les verbes pronominaux. Pour conclure, je demandais aux élèves de me donner des exemples. L’un d’eux a levé le doigt. Je lui ai donné la parole. Il s’est levé, s’est mis à tortiller des hanches et a dit : « je me danse ».
_Non, c’est incorrecte lui ai-je répondu.
_Mais madame, vous nous avez dit que le sujet fait l’action sur lui-même. Regardez me dit –il en continuant à remuer en tout sens.
Un jour, occupée à écrire la date au tableau, j’entends un remue-ménage dans mon dos. Croyant ne pas attirer mon attention, silencieusement, deux élèves règlent leurs comptes sur un sujet ignoré de moi. J’interviens et leur demande de se tenir tranquille à deux reprises.
A la troisième je dis à l’élève agressé : « gifle-le s’il recommence, je t’en donne la permission. »
En revenant à mon tableau, j’entends un gargouillis. Je me retourne et je vois l’élève serrer la gorge de son camarade
_Tu es fou, que fais-tu ? dis-je.
Il me répond : « il se moque de moi et tu (?) m’as dit « Giefe-le » (c’est -à -dire étrangle-le en arabe dialectal).
LA LECTURE ET NOS STRUCTURES MENTALES. Par Merine Kheira.
Suite du document sur la lecture et ses difficultés chez le jeune apprenant, adapté à partir de la lecture de la thèse de magister de Mahieddine Azzedine et présenté par Mme Merine.
II) Théorie de l’ensemble composé par : « Coirier, Gaonac’h et Passerault (1996) »
Considérant le processus de l’apprentissage de la lecture sous l’angle de la psycholinguistique, ils y distinguent des traitements de bas niveau et des traitements de hauts niveau.
A ) Les traitements de bas niveau ( niveaux linguistiques)
1°) Le niveau graphémique : phonologique : il aboutit à l’identification des graphèmes ou phonèmes.
2°) Le niveau lexical : il permet l’accès à la signification des mots.
3°) Le niveau syntaxique : il aboutit à « une forme logique, littérale de chaque phrase soumise ensuite à l’interprétation sémantique ».
B) Les traitements de haut niveau ( niveaux sémantiques)
Ils utilisent à la fois les données issues des traitements précédents et les connaissances préalables du lecteur.
1°) Le niveau de l’élaboration microstructurale : construction du réseau de propositions représentant la signification du texte
.2°) Le niveau de l’élaboration micro-structurale :il aboutit à une représentation condensée de l’information textuelle( un résumé en quelque sorte du texte).
3°) L’élaboration du modèle de situation : c’est à dire la « construction d’une représentation(un modèle mental) qui intègre à la fois les aspects contextuels(liés aux parties du texte venant d’être lues) et les connaissances du sujet(liées au domaine et au contexte) » ( Coirier et Al_ 1996).
D’autres chercheurs se sont intéressés au phénomène « lecture » et ont essayé d’apporter des explications soulignant la complexité de l’acte de lecture et de son processus d’apprentissage.
ACTIVITES. Après-midi théâtral. Par Habbeche Nedjma Houria.
L’Association des enseignants de Français langue étrangère, toujours égale à elle-même, a, encore une fois, permis à ses invités et adhérents de bénéficier d’une détente, combien méritée.
En effet, le lundi 12 mai 2003, au lycée Ibn Badis, un programme varié a été présenté par l’A.E.F.L.E. Y ont participé les élèves des trois paliers, à savoir, lycée, collège et école. Des pièces théâtrales ont été appréciées par l’auditoire. Les élèves des lycées : Lotfi et Med Benotmane El Kébir se sont surpassés. Ceux des écoles : Yaghmoracen et Fréha Mohamed, les Amandiers ; ont été vivement applaudis.
Un ancien professeur du lycée Ibn Badis, invité par l’adhérente Mme Taïfour, a été très ému. Pour M. Jacquin, la nostalgie, les souvenirs évoqués se sont mêlés à la joie et à l’admiration devant nos jeunes poètes et poétesses venus déclamer avec fierté leurs poèmes.
Cet après-midi théâtral a été vraiment une heureuse rencontre et une véritable détente.
LE BETISIER DU BAC. Par Laroussi Ali.
« Le bêtisier du bac » est de retour. Il vous accompagnera dans tous les numéros qui paraîtront tant qu’il y aura des candidats au Bac qui auront des difficultés lors de leur entrée à l’écrit, des propos décousus ou incohérents, des phrases inachevées et des fautes d’orthographe si nombreuses qu’elles rendent souvent délicate la lecture de la production écrite et son évaluation. Le modèle idéal de l’élève qui écrirait sans peine, d’une écriture régulière et sans fautes ne cesse de hanter l’enseignant.
Apprendre à « écrire » c’est à dire produire des textes est un travail de longue durée. Or , on dispose aujourd’hui de savoirs sur ce qu’est un texte, sur les types de discours ou de textes, sur les grandes étapes de l’apprentissage. C’est assez pour permettre aux pédagogues de cerner les difficultés et de proposer des solutions, des activités qui permettent d’y remédier.
1)Bac 2001 sciences de la vie et de la nature : « Vous vous intéresserez certainement à une discipline scientifique ou sportive. Présentez la avec ses avantages »
_ Le karati il va freichie la mémoire et le déroulement du sang.
_ L’anthropologie est un groupe des hommes et l’écologie est un groupe des anemaux et des plantes en préparation la nature.
_ L’océanographie est la science des étranges bêtes sous-marines.
_ Il ne faut pas que les gens accouchent beaucoup, il faut penser à l’avenir de nos enfants.
_ Tu c’est que la nature comme un bébé comme un homme manque de l’eau et sol. Il faut que aimeont c’est vie comme la nature tout se passe et repasse mai la nature reste a sa place enfin la nature est un animal docile.
_ La nature deteste une chose= elle n’aime pas le vide et c’est prouvé par les grands professeurs de physiques.
_ La science est une scene non plus limité ni dans le temps ni dans le site.
_ La giologie est à l’étude de l’étas et les arguments de terre et analysé la structure de ces arguments.
_ Le psychologue est un joli métier surtout qui n’a ni frère ni sœur.
2) Bac 2001 sciences humaines : « Préférez-vous vivre dans votre pays ou aller ailleurs ? »
_ El hada touts les jeunes sorto les algerai parl avec ces mots qui dit le trongé mai vraiment ils sont pas bien compré on fait comme il me dit l’Hasni « dans mon pays on fair le cœur ».
_ Je suis un gens pas comme tous les gents.
_ Cette vie est violée par les problèmes.
_ Pour ne pas d’aller vivre ailleur et de nous fait sont devoir pour augmenter le naivou de notre pay.
3) Bac sciences de la vie et de la terre « l’ordinateur »
_ L’ordinateur est une machine electronic. Il utiliser a bocau dans un bancq et l’usine dans les hospital.
_ L’ordinateur est un savon electronique comme l’homme mais programmé.
_ Une machine et travail tout les choses les stèque, les informations.
_ L’ordinateur peut faire marcher les ausines et aussi on l’utilise pour jouer mais ça ne ve dira qu'il faut l’utiliser pour fabriquer des hommes nucléaire et des produis chimique.
_ L’informatique c’est machine qui a cordera tout le monde.
_ L’ordinateur stoqui les information, come tout les objets, elle faire des programmes tout de suite.
_ Un call ordinateur igaliti 1000 ou 2000 personne. Mange bouquon d’électricété.
_ Mes bien sur, j’ai l’honneur de être vivre de se monde du 20ème siècle.
_ Le téléphone= licène.
_ La technologie, les prolongement cerveautique, les machines electric, l’epoque de la vitesse.
4)
_ L’homme est un animau familier comme le dit si bien Ibn Kalboun
_ Sirtous avec les enfants parce que conne je les connies ils riririent alors leurs ries retourneras à leur bouche et dans ce temps la je serai l’homme le plus eureus dans ce monde.
_ Je n’aimerai pas faire chauffeur de taxi car je n’aimerai pas être embête par les queues.
_ Mais les jeunes n’ème pas ce travail il voudrai le travail qui est chiqué.
_ Dieu n’a pas laissé adame seul il lui a apporté Aouah.
_ J’aime la protection civile c’est un métier qui est aimé par tout le monde et même par Dieu.
_ Dans la ville seul le chauffeur de taxi a une figure d’homme.
_ Je suis une fille et il viendra le jour ou que je quite ma mère pour que je ouvrire moi aussi une maison.
_ Je n’oubliai pas ma mère jusqu’aux je mort et un autre vésion ma mère presque mort allors celui qui quitte moi c’est moi quitte lui on doit faire contunnais ma leçon un autre pays alors cette chose ou bien argument c’est obligé que faire.
HOMMAGE. Par Benhamed Malika.
A Mme Bensari, directrice de l'école Sahel Ahmed décédée le 1er juin 2003.
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Les mois, les années passent, Mais de nos mémoires rien ne s’efface. Les souvenirs remontent en surface Et dans mon esprit je retrace Les moments vécus avec quelqu’un de votre classe Que nul ne remplace Ou ne prendra la place.
Je suis arrivée par une journée Inquiète et cœur oppressé. Gentiment, vous m’avez guidée, A mes collègues vous m’avez présentée Et à l’équipe vous m’avez intégrée.
J’étais nouvelle à Oran Et terrible sont les ans Quand le travail est décevant Et qu’on vient de perdre un parent.
Au fil du temps, j’ai appris à vous connaître Et j’ai senti en moi renaître L’amour du travail qui allait disparaître Mais qui, grâce à vous, rejaillit du fond de mon être
Vous nous dirigiez avec adresse Mais non sans délicatesse. Ce n’était nullement de la faiblesse, Mais plutôt de la tendresse. |
Vous faisiez preuve de patience En nous vous aviez confiance Et grâce à cela, nous travaillions avec conscience. Nous formions une solide alliance, Et voguions dans une saine ambiance.
Vous ne nous avez jamais considérées en inférieure, Et vous à nous supérieure, Vous étiez plutôt notre consœur A qui l’on ouvrait notre cœur Que vous consoliez avec chaleur.
A vous l’on venait se confier Et vous nous réconfortiez. Entre nous est née Une solide amitié.
Vous m’avez toujours comprise Moi, souvent malade et dépressive Vous me remontiez le moral Quand ça allait au plus mal.
Hélas ! tout à une fin Et lourd est mon chagrin. Je n’ose penser au lendemain Car sans vous, l’école s’éteint.
Ecrit le 18 décembre 2002.
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EXCURSION. Virée aux Andalouses. Par Souig Mohamed Saoudi.
Le vendredi 30 mai 2003 restera une journée inoubliable dans les activités de l'AEFLE, puisque pour la première fois une excursion pour les enfants fut organisé, à l'occasion de la journée de l'enfance.
Nos adhérents et leurs élèves et enfants étaient impatients d'aller changer d'air loin de l'atmosphère suffocante de la ville et après une année de labeur.
Dès 8 h 30, la place Karguentah grouillaient de bambins attendant impatiemment l'arrivée du bus qui tarda à venir. Les enfants, encore mal réveillés jouaient, histoire de tuer le temps et pour ne pas sentir le poids de l'attente. Quant aux adultes, ils prirent leur mal en patience et discutaient un peu de tout. Et le temps passait. Quelques bus passaient pleins d'enfants qui riaient et chantaient. Nous les regardâmes avec envie. Vers 10 heures, arriva enfin notre car, cahin-caha.
L'envie de partir en excursion fût très forte et on n'hésita pas un seul instant pour y aller. Comme à l'accoutumée, les gosses se ruèrent sur les portières du bus. Ils étaient nombreux, mais nous réussîmes tant bien que mal à les faire tous monter. Et en avant pour la balade! Une fois les enfants comptés, le car démarra dans un nuage de fumée.
En descendant les ruelles tortueuses de Rais El Aïn, l'atmosphère marine chatouilla déjà nos narines. Les gosses chantaient et hurlaient à qui mieux mieux, sous les regards attentionnés de leurs enseignants. Les gorges enfantines ne tardèrent pas à s'enrouer. Heureusement que le car arriva à destination: Les Andalouses ! Nous descendîmes du véhicule. Urne soixantaine de personnes en plus des sacs, cabas et autres bagages: une vraie expédition ! Nous arrivâmes à mettre en rang tous les gosses qui voulaient déjà faire trempette. C'était un peu tôt pour cela, il faisait encore frais et le ciel était couvert. Quelques gardiens du parc nous regardaient comme on regarde une nuée de sauterelles arriver soudainement pour tout saccager. "S'il vous plaît, ne restez pas à proximité des bungalows. Les gens donnent encore.", nous lança l'un deux. Nous le rassurâmes et allâmes un peu loin, vers un endroit ombragé, avec un espace de jeux pour les enfants. Ces derniers envahirent illico presto chacun des jeux installés et s'y occupèrent une borne partie de la matinée. Les thermos de café et de thé circulaient entre les adultes, qui tout en discutant surveillaient d'un œil vigilant les enfants don't quelques uns osèrent même s'échapper pou aller au bord de la mer. On les rappela à l'ordre. Un groupe d'institutrices, connaissant l'appétit vorace des enfants préparaient déjà des casse-croûtes de pain et de fromage que les gosses dévoraient comme des louveteaux. Vers 13 heures, la chaleur s'installa. Les gosses fatigués, se calmèrent quelque peu. De petits groupes se formèrent pou déjeuner… sur l'herbe. Un merveilleux pique-nique sous l'ombre de quelques arbres.
Une fois les ventres pleins, nous nous reposâmes quelques instants et déménageâmes vers le bord de la plage. Les enfants n'attendaient que cet instant, et se précipitèrent vers l'eau bleue pou y barboter pendant de longs moments. Quel plaisir de les voir joyeux, leurs corps frêles ruisselants de cette eau bienfaitrice et rafraîchissante ! Heureux d'échapper pour une journée à la moiteur gênante de la ville! Quant aux adultes qui espéraient faire un petit roupillon au bord de la mer, ils durent vite déchanter car il fallait avoir constamment un oeil sur les gosses qui, inconscients des dangers de la mer -agitée ce jour-là-, nageaient où et comme II leur semblait. Heureusement, aucun incident n'était à déplorer. A 17 heures sonnantes, nous pliâmes bagages, comptâmes de nouveau tout le mande. Le compte fut bon, et le car démarra pour Oran. Ce fut une journée magnifique. estivale avait l'heure. A renouveler.
OPINION J’ai besoin d’un éclaircissement ! Par Tayeb Tamacha F.Zohra
Il y a si peu, l’école déteignait sur la rue, aujourd’hui, l’opération s’est inversée.
Les parents sont anéantis en lisant sur le bulletin de leurs enfants « branche littéraire ». Ils remuent ciel et terre pour leur changer de branche.
Est-ce que le monde ne tourne que grâce aux trois matières scientifiques: les mathématiques ; les sciences physiques et les sciences naturelles ?
Les professeurs des matières littéraires deviennent transparents…
Les parents d’élèves soucieux des résultats de leurs enfants ne viennent voir que les professeurs des trois matières mentionnées, négligeant le reste des enseignants.
Ces parents se saignent à blanc afin de donner des cours particuliers à leurs enfants dans ces matières dites « essentielles ». Est-il possible d’appeler la philosophie ou la géographie ou une langue étrangère, matière « secondaire » ?
Inconscients, les parents mènent leurs enfants à l’abattoir. Comment, un élève qui obtient de bons résultats dans les différentes disciplines littéraires se retrouve-t-il dans une classe scientifique ? L’orientation doit être soigneusement étudiée. Pourquoi ne pas faire assister les parents aux conseils de classe quand ils se réunissent, pour qu’ils soient convaincus des profils de leurs enfants et ainsi mettre fin à toute forme d’ambiguïté ?
En fin de compte, ces enfants sont victimes d’une mentalité bornée, de stéréotypes et de l’ignorance.
HOMMAGE. A l'écrivain Mohamed Dib:- 1920-2003. Par Merine Kheira
Qui de nous ne connaît pas le petit Omar? Qui ne se rappelle pas de "Aïni" ? De Dar Sbitar ? Ce sont là des noms que le génie d'un écrivain a su rendre présents dans l'esprit de tout algérien qu'il soit jeune ou moins jeune. Cet écrivain est Mohammed Dib qui vient de nous quitter en amputant le monde littéraire de l'un de ses membres les plus solides et les plus représentatifs. Se servant de la langue française, il a su garder son originalité liée à son origine et donner par là, à son écriture cet aspect où se mêlent le simple et le complexe mais d'où transperce cette subtilité du verbe qui montre qu'il s'agit là d'un genre d'écriture à part, ayant des caractéristiques propres à elle. Une esquisse de l'itinéraire du romancier montre la richesse ainsi que la diversité de son oeuvre.
Né le 21 juillet 1920, Dib après des études, exerce de nombreux métiers et voyage beaucoup. Son premier roman écrit en 1945-46 " La grande maison" est publié en 1952. Dès sa parution, il fait parler de lui ; ainsi en 1953, Maurice Nadeau écrit dans le " Mercure de France "que Dib est de tous les romanciers Nord-africains « celui qui risque de nous toucher le plus » Le livre tonnait un grand succès et obtient ainsi le prix Fénéon de littérature. II sera suivi de «L'Incendie» (1954) puis du "Méfier à tisser " (1957). Ce qui donnera par la suite la trilogie "Algérie ". Dés le départ, son pays, ses origines ont été les substances qui ont nourri son œuvre. Ainsi, affirme t-il, dés lors: " Une oeuvre ne peut avoir de valeur que dans la mesure où elle est enracinée, où elle puise sa sève dans le pays auquel on appartient, où elle nous introduit dans un monde qui est le nôtre avec ses complexités et ses déchirements ".
D'autres romans vont suivre cette trilogie tels: " Un été Africain " 1959, "Qui se souvient de la mer? " 1962, " La danse du roi "1968, "Cours sur la rive sauvage" 1965, etc. II écrivit également des recueils de poèmes ex: "Formulaires"(1975), des recueils de nouvelles ex:"Le Talisman (1966), des contes ex: "L'histoire du chai qui boude." (1974) et des pièces de théâtre comme "1000 hourras pour une gueuse" (1980).
Ainsi tous les genres littéraires sont représentés dans l'œuvre de Dib. Commençant par une écriture engagée, prônant un certain réalisme, il élargit son champ en optant, au niveau du roman, pour une écriture, presque illisible, où se mêlent le fantastique et l'onirique (Cours sur la rive sauvage). Avec les romans "Habel "1977 et "Les terrasses d'Orsoi " 1985, son écriture prend une autre dimension qualifiée pour certains comme étant néo-réaliste et où l'individu l'emporte sur le social. Ce serait donc un engagement d'un autre type plus individualiste et paradoxalement plus universel.
Mohamed Dib est une grande figure de la littérature algérienne d'expression française qui, de par la richesse et l'ampleur de son aeuvre romanesque, aura le mieux servi le monde culturel algérien.
PASSION. Jardinage. Par Laâlaoui Abdelhalim
Depuis ma plus tendre enfance, j ai toujours été fasciné par le jardinage et cela peur de multiples raisons.
D'abord, on ressent une étrange sensation de plaisir en découvrant la nature et ses merveilles. La végétation verdoyante nous réchauffe le coeur par tant de couleurs et de mystères. On découvre les secrets d'un monde jusque là ignore.
Ensuite, on apprend à goûter le calme et la patience. Une véritable cure anti-stress qui agit directement sur les sens et l'esprit- Rester des heures entières aux petits soins de nos arbres et arbustes, de nos rosiers, de nos fleurs multicolores, de nos plantes potagères, nous mènent directement vers un monde féerique.
Par ailleurs, la nature a besoin d'être protégée et entretenue comme une véritable personne si on veut conserver ses bienfaits vitaux et ses attraits enchanteurs. Et pour cela, il est impératif d'utiliser les moyens les plus sophistiqués comme par exemple la pulvérisation d'insecticides et de fongicides. On arrive ainsi â maintenir notre jardin en parfaite santé.
Enfin, qui ne savoure pas le plaisir incommensurable lorsqu'on arrive à produire de belles tomates, des salades fraîches ou des roses aux couleurs éclatantes et aux variétés diverses ? Découvrir la délicatesse d'une pomme, le nectar d'une poire ou l'arôme d'une orange, n'est-ce pas merveilleux?
Pour toutes ces raisons,, je dirai que le jardinage est plus qu'un métier, c'est une passion, un art de vivre qui exige
un savoir-faire qui n'est pas à la portée de tous. Ainsi le travail de la nature c'est déjà être en bonne santé.
RECIT Le retour de l'enfant prodige. Par Habbèche Nedjma Houria.
L'heure des retrouvailles approche. Nadia a les nerfs à fleur de peau. Elle n'arrive plus à contenir ses émotions. Douze années. Douze longues années après le départ de son fils Amine. Reçu au baccalauréat avec mention, il a eu droit à une bourse à l'étranger. Il ne fallait point rater cette occasion, d'ailleurs, même sa mère, quoique très affectée, a fini par céder. Des concessions, elle a appris à fermer les veux et cela continuait. L'important, finalement, c'était de retrouver le bonheur dans le regard de Amine, la sérénité dans ses paroles. Seul son avenir la préoccupait. Elle allait, certes, vivre sans son unique fils après la disparition de son mari et de ses deux filles mais l'espoir renaissait. Il la rassurait dans ses lettres envoyées régulièrement ou par ses appels téléphoniques qu'elle attendait patiemment. Il lui manquait indéniablement pourtant, elle arrivait tant bien que mal à le réconforter dés qu'il avait besoin d'elle. Elle referme l'album des photos. Amine et sa petite famille sont maintenant sur le point d'arriver. Elle a préféré les attendre chez elle pour les accueillir dans la discrétion." Les souvenirs ne doivent être partagés que par les intimes." disait-elle. La foule à l'aéroport la gênerait.
Tout est fin prêt. On frappe à la porte. Elle sursaute. En un laps de temps, comme par enchantement, elle se retrouve devant eux. Les enlaçant, les caressant. Les larmes de joie ruissellent, se confondant pour n'en former qu'une.
Le tableau qui se dégage d'eux ne peut qu'émouvoir. Enfin la famille s'est réunie car Amine compte s'installer définitivement. II n'est plus question de quitter sa mère, il en a trop souffert.
P O E S I E
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TOLERANCE
Ma colère entière faillit se répandre lourdement sur ma patience. Devrais-je accuser mes choix ou l'impulsion aveugle du hasard? Ces lieux étranglent les élans de toute tentation. On enferma la splendeur de l'infini dans l'étroitesse métallique, où les cris s'étouffent dans leurs échos, et où l'air a un goût de barbelés. Les rayons du soleil prônant la divine liberté passent à travers les énigmatiques barreaux et deviennent lueurs maladives. Toutes les couleurs sont des ordres, et l'autorité obsède les méchants rêves. Je souhaite voir encore des jours sous un soleil lustral et bleu, et étreindre un rayon à moi.
Par Souig M.S. |
CHIMERIQUE HUMANITE.
Longtemps je me suis nourri Au sein de l'Humanité. J'ai cru dans la force des mots Et idolâtré la Vérité. J'ai écarquillé les yeux Jusqu'à l'usure Et je n'ai vu mieux Que pourriture : La conaïlle opulence Des charognards incultes, Jusqu'à l'insolence, Impunément insulte. Partout, partout, des masques Des sourires achetés Au prêt-à-porter, Le fric trafique la frasque. Garnir les bibliothèques De livres jamais ouverts, De la culture aztèque Aux poèmes de Prévert. Et avoir, et paraître, Sous toutes les désinences, Sur être et connaître, Ont partout la préférence. J'ai écarquillé les yeux La Vérité, un mensonge, L'Humanité, un voeu pieux, Que déjà mes vers rongent. Et les mains de l'innocence Restent désespérément vides. Dans les rets de la démence Je m'agite encore lucide. Par Hamdaoui Dahri. |
A MES CHERES COLLEGUES FEMMES.
A mes chères collègues femmes, Porteuses du flambeau en flammes, Nous sommes unies dans la forge de l'âme, Nous travaillons avec cœur et tendresse, Pour le bien de notre jeunesse. Battons les épines et les fers forgés. Vainquons l'ignorance et les esprits bloqués, Nous sommes filles des héroïnes de notre pays, Nous devons en être fier et l'enseiener a autrui, Pour le crier en ce jour béni! Vive les femmes de ma patrie ! Vive les femmes de l'Algérie !
(Poème écrit à l'occasion du 08 mars.)
Pr Gamaz Louisa. |